MONIME 3, XI PHARES
MONIME
Seigneur, je viens à vous*. Car enfin aujourd'hui,
1. Voir la note du vers 55. — <j Le reste de cet acte ne nous offrira qu'une rivalité de deux jeunes princes, dont les amours et le caractère n'ont encore rien qui puisse nous y attaclier beaucoup. Tout ce commencement m'a toujours paru très faible : sans le nom de Mitliridato. rion ne serait ici au-dessus du comique noble ; mais, dès qu'il paraitra, il relèvera tout, et Racine ne tombe pas longtemps. >: (La Haupk.)
2. ViR. — Mais on vient. Cours, ami : c'est la Reine elle-même. (1673-87.) Voltaire a écrit dans la Préface d'Œdipe (Ed. Beuchot, II, 61) : « M. de La
Motte prétend qu'une scène de tragédie mise en prose ne perd rien de sa grâce ni de sa force. Pour le prouver, il tourne en prose la première scène de Mithridaie, et personne ne peut la lire. » Cependant on peut voir, à propos de ce fait, dans les Sentiments d un académicien de Lyon, etc., par le même Voltaire (éd. Beucliot, XLVII, 52) la phrase suivante : « On ne trouva pas dans toute cette scène de Mithridate, délivrée de l'esclavage de la rime, un seul mot qui ne fût à sa place, pas une construction vicieuse, rien d'ampoulé ou de bas, rien de faux, de recherché, de répété, d'obscur, de hasardé. « Il est vrai que celte fois l'éloge s'adresse à Racine, et que tout à l'heure la critique s'adressait à La Motte.
3. On peut appliquer à Monime les jolis vers que Molière, dans le Tartuffe (IV, m), prête à Elmire :
J'aime qu'avec douceur nous nous mollirions f^s^fs.
Et ne fuis point du loiit pour ces pniiles sauvages
Dont riioaneur est aimé de griffes et de deuts.
Et veut au moindre mot dévi-ager les gens.
Me préserve le ciel d'une telle sagesse!
Je veu.v une vertu qui ne soit point diablesse.
Mademoiselle Clairon, dans ses Mémoires (29i-298), a étudié de très près le rôle de Monim./ : « Athènes était le centre des beaux-arts, du got'it, de la magnilicence, de l'esprit, de l'éloquence, de la philosophie et de l'urbanité. — Les jeunes filles de familles distinguées ne sortaient jamais que pour des fêtes ou dos cérémonies religieuses. Un voile cachait leur visage ; leurs parents les plus proches étaient les seuls hommes qui pouvaient les voir et leur parler. Cette éducation devait nécessairement produire des caractères purs et timides : l'habitude di; la circonspection et de la décence doit se peindre dans les regards, le maintien, dans des sons doux, des expressions simples et naïves, dans une démarche mesurée, des
gestes moelleux et peu fréquents Le rôle de Moniuie doit offrir, depuis le
premier vers jusqu'au dernier, l'ensemble de l'Athénienne que j'ai dépeinte
Ce rôle est un des plus nobles et des plus touchants qui soient au théâtre, mais je l'ai vivement éprouvé, c'en est un des plus difficiles ; sans cris, sans empnrtcments, sans moyens d'arpenter le théâtre, d'avoir des gestes décidés, une physionomie variée, impo^^antc, il parait impossible de sauver ce rôle de la monotonie qu'il oITre au premier aspect; ces secours aideraient l'actrice, mais ils seraient autant de rontrc-sens pour le personnage. — Ce n'est qu'après quinze ans d'étudessur les moyens de contenir ma voix, mes gestes, ma physionomie, que je me suis permis d'apprendre ce rôle, et j'avoue que, pour parvenir à graduer de scène en scène et sa douleur et sa noble simplicité, il m'a fallu tout le travail dont j'étais capable et tout le désir que j'avais de bien faire. Je ne me flatte pourtant pas d'être parvenue à le rendre autant bien qu'il peut être; je l'ai trop peu joué pour avec les moyens d'y corriger mes fautes. »
4. On lit dans Geolfroy [Coun ■<« JÀÙ. drani., 11, S8) : i L'entrée de Monime au