‹ Théâtre completChapitre 269 sur 592 · Comparer Britannicus (III, viii · texte numérisé non relu

Comparer Britannicus (III, viii

2. Il est intéressant de rapprocher de cette scène la scène ii de l'acte I de Nicomcde. La situation est à peu près la même : deux frères, Aicouiède et Attale, l'un disciple d'Annibal , l'autre élevé à Rome, se disputent le cœur de Laodice ; cette reine est, comme Monime, tout acquise à l'ennemi du nom romain, et c!lc ne dissimule pas à Attale qu'elle aime son rival. Seulement, Laodice est reine et libre ; elle est ûancée à ÎNicomède, et tous deux se moquent du jeune Attale. -Monime n'est pas fiancée à Xipliai-ès, et elle craint Pliaruace; de là entre les deux scènes une dilférence de ton très curieuse. C'est d'ailleui's la haine de Rome ([ui anime Nicomède et Mithridate, et les deux tragédies s'expliquent et se commentent l'une l'auti-e. — Remarquons aussi que ilonime n'a pas interrompu cette querelle : Racine, pour rendre la dénonciation de Pharnace plus odieuse, a voulu qu'il n'eût qu'un soupçon des sentiments qui unissent Xiphai-ès et la reine.

3. Car de tant de vaisseaux toute la mer couverte Augmentait Sun triouiplie et rtduubluit leur p<;rte.

(PiUDo.N, Itégulus, II, I.)

•i. Voilà un admirable coup de théâtre : ces trois vers de la confidente jettent le trouble dans tous les esprits ; jamais, du vivant de leur père, Pharnace et Xipharès ne se fussent ouverts a .Monime ; jamais Monime n'ci'it laissé de\ iner à Xipharès ses sentiments ; Phainacc tremble pour lui-même ; Xipharès, qui comprend que le secret de Monime est découvert, tremble pour elle. Itacine fera encore dans Phcdra un excellent usage d« cette ruse dramatique, en supposant la mort de Thésée.

196 MITIiniDATE.

C\"st liii-mômc ; el déjà, pressé * de sou devoir, Arbate loin du bord l'est allé recevoir.

XIPUARÈS, à Monirae

Qu'avons-nous fait*?

WONIMK, à Xipharès.

Adieu, Prince. Quelle nouvelle! 333

SCÈME V.

PHARNACE, XIPHARÈb.

PHARNACE

Mithridate revient! Ah ! fortune cruelle!

Ma vie et mon amour tous deux courent hasard ».

Les Romains que j'attends arriveront trop tard :

(a Xipharès :)

Comment f.iiie *? J'entends que votre cœur soupire,

Et j'ai conçu l'adieu qu'elle vient de vous dire ^, .ViO

Prince ; mais ce discours demande un autre temps *;

Nous avons aujourd'hui des soins ^ plus importants

Milhridate revient, peut-être inexorable :

Plus il est malheureux, plus il est redoutable.

Le péril est pressant plus que vous ne pensez. 34a

Nous sommes criminels, et vous le connaissez.

Rarement l'amitié * désarme sa colère ;

Ses propres fds n'ont point de juge plus sévère ®;

1. C'est-à-dire : poussé impérieusement par son devoir : « Le jugement de Dieu presse la conscience de merveilleuse angoisse. « (Calvix, Té\ de la Cène.)

2. Ces mots de Xipharès et la réponse de llonimc indiquent clairement qu'ils se sont compris tous deux, qui? Xipharès n'était pas sincère tout à l'heure quand il disait ignorer les sentiments de Monime, et que Monime le sera seulement à demi, lorsqu'au commencement du second acte elle semblera croire qu'elle n'a été que polie avec Xipharès, qu'il n'a vu dans ses paroles que de la politesse. — Remarquez la pudeur avec laquelle Monime quitte Xipljarès, aussitôt qu'elle sait que jlitliridate vit encore.

Page 1