ACTE II, SCraE I
11 m'adore, Phfiedime ; et les mêmes douleurs 405
Qui m'affligeaientici le tourmentaient ailleurs.
PH.EDIME.
Sait-il en sa faveur jusqu'où va votre estime*? Sait-il que vous l'aimez?
MONIME
11 l'ignore, Phsedimc *.
Les Dieux m'ont secourue' ; et mon cœur affermi N'a rien dit, ou du moins n'a parlé qu'à demi, 410
Hélas! situ savais, pour garder le silence. Combien ce triste cœur s'est fait, de violence*! Quels assauts, quels combats j'ai tantôt soutenus ! Phoedime, si je puis, je ne le verrai plus. Malgré tous les efforts que je pourrais me faire, 415
Je verrais ses douleurs, je ne pourrais^ me taire. Il viendra malgré moi m'arracher cet aveu. Mais n'importe, s'il m'aime, il en jouira peu; Je lui vendrai si cher ce bonheur qu'il ignore^, Qu'il vaudrait mieux pour lui qu'il l'ignorât encore. 420
PH.EDIME.
On vient. Que faites-vous. Madame'?
Je ne puis.
Je ne paraîtrai point dans le trouble où je suis^
1. En 1675, Thésée dira à Phèdre dans l'Hippolyte de Bidar (I, ii) :
J'aurai puiir vos appas l,i plus parfaite estime Dont ua coeur soil capable.
Phaedime et Thésée ont lu la Clélie de mademoiselle de Scudéii, et connaissent Tendre-sur-Estime.
i. Pure illusion.