SCENE III
MITHRIDATE, ARBÂTE.
MITHRTDATE.
Enfui, après un an, tu me revois, Arbate, 435
Non plus, comme autrefois, cet heureux Mithridate* Qui, de Rome toujours balançant^ le destin, Tenais entre elle et moi l'univers incertain.
La plus mauvaise excuse et assez pour un père, Et sous le nom d'un fils toute faute est légère.
1. Mithridate est indomptable. A son entrée on scène (I, ii) dans la tragédie de La Calprenède, il se rendait cet hommage à lui-même :
J'ai bravé mille fois la puissance romaine,
J'ai de leurs corps moiiranls nouverl cent fois la plaine,
Et la mer, recevant notre san» et le leur.
Sous nos vaisseaux brisés a changé de couleur :
J'ai soutenu l'effort de loules leurs années,
J'ai vu des plus grands chefs leurs troupes animées,
El tous les plus vaillants que Rome ait jamais eu {sic).
Me seront obligés de tout ce qu'ils ont su :
Ils ont tous contre moi fait leur ap[)reiiti8sage,
Et tu sais si jamais j'ai manqué de courage.
Même, s'il t'en souvient, celte fatale nuit
(Jue je fus par Pompée .i l'exlrêine réduit,
Dans l'étrange malheur d'une telle disgrâce,
Ainsi que la forlune ai-je chnngé de face ?
Vis-lu que ce visage eut perdu sa couleur.
Et que jamais ce front témoigna ma douleur?