‹ Théâtre completChapitre 280 sur 592 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

Toujours du même amour tu me vois enflammé' :

Ce cœur nourri de sang, et de guerre afl'amé,

Malgré le faix des ans et du sort qui m'opprime,

Traîne partout l'amour qui l'attache à Monime 460

Et n'a point d'ennemis qui lui soient odieux

Plus que deux fils ingrats que je trouve en ces lieux 2.

ARBATE.

Deux fils, Seigneur ?

MITHRIDATK.

Écoute. A travers ma colère, Je veux bien distinguer Xipharès de son frère. Je sais que, de tout temps à mes ordres soumis, 465

Il hait autant que moi nos communs ennemis; Et j'ai vu sa valeur, à me plaire attachée ^, Justifier pour lui ma tendresse cachée* : Je sais même, je sais avec quel désespoir, A tout autre intérêt préférant son devoir, 470

11 courut démentir une mère iufidèle, Et lira de son crime une gloire nouvelle^; Et je ne puis encor ni n'oserais penser Que ce fils si fidèle ait voulu m'offenser. Mais tous deux en ces lieux que pouvaient-ils attendre? 475 L'un et l'autre à la Reine ont-ils osé prétendre? Avec qui semble-t-elle en secret s'accorder ? Moi-même de quel œil dois-jeici l'aborder? Parle. Quelque désir qui m'entraîne auprès d'elle, lime faut de leurs cœurs rendre un compte fidèle. 480

1. Mithrklate se dépêche d'arriver à ce qui lui tient au rœur ; comme l'em» percui" Inubare tlo Volt:urc, il est encore moins souverain qu'amant :

D'iUijourd'Iiiii je commence A sentit' tout le poids de ma triste pi>i$>aiice : Je cherchais Idamé ; je ne vois prés de moi Que des ciiefs importuns qui laliguent leur roi.

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