‹ Théâtre completChapitre 286 sur 592 · ACTE II, SCENE IV. 2(^r · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV. 2(^r

Ne me laisse choisir que les lieux où vous êtes;

Et les plus grands malheurs pourront me sembler doux

Si ma présence ici n'en est point un pour vous '.

C'est vous en dire assez, si vous voulez m'entendre.

Vous devez à ce jour dès longtemps vous attendre * ; o40

El vous portez, Madame, un gage de ma foi

Qui vous dit tous les jours que vous êtes à moi.

Allons donc assurer ^ cette foi mutuelle.

Ma gloire loin d'ici vous et moi nous appelle *;

Et, sans perdre un moment pour ce noble dessein, Si5

Aujourd'hui votre époux, il faut partir demain.

MONIME

Seigneur, vous pouvez tout. Ceux par qui je respire

Vous ont cédé sur moi leur souverain empire;

Et, quand vous userez de ce droit tout-puissant,

Je ne vous répondrai qu'en vous obéissant^. SoO

MITHRIDATE

Ainsi, prête à subir un joug qui vous opprime,

"Vous n'allez à l'autel que comme une victime;

Et moi, tyran d'un cœur qui se refuse au mien,

Même en vous possédant, je ne vous devrai rien.

Ah! Madame, est-ce là de quoi me satisfaire? 55a

Faut-il que désormais, renonçant à vous plaire,

Je ne prétende plus qu'à vous tyranniser*^?

Mes malheurs, en un mot, me font-ils mépriser?

Ah! pour tenter encor de nouvelles conquêtes ',

Quand je ne verrais pas des routes toutes prêtes *, 500

Quand le sort ennemi m'aurait jeté plus bas,

i. En prononçant ces mots, Mithi-itlafe attache sur Monime un regard perçant qui veut pénétrer jusqu'au fond de son cœur, et chercher s'il n'y trouvera pas le nom de Pharnace.

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