La sincérité
7. La ZénoMe de Crébillon {Rhadam'ste et Zénob'e, IV, iv) n'aura pas moins de vertu. Elle est aimée d'Arsame, frère de Rhadiimiste, son époux, qui ne sait pas aimer sa belle-sœur ; pour mettre fin à ses poursuites, Zénol)ie révèle à Arsame le lien qui les uait ; Rhadamiste, pris d'un accès de jalousie intem-
Racine, f. III. 13
XIPHARÈS
Quelle marque, grands Dieux! d'un amour déplorable!
Combien en un moment heureux et misérable!
De quel comble de gloire et de félicités
Dans quel abîme affreux vous me précipitez * !
Quoi? j'aurai pu loucher- un cœur comme le vôtre? 715
Vous aurez pu m'aimer? et cependant un autre
Possédera ce cœur dont j'attirais les vœux^"?
Père injuste, cruel, mais d'ailleurs malheureux*!...
Vous voulez que je fuie et que je vous évite ?
Et cependant le Roi m'attache à votre suite. 720
Que dira-t-il »?
N'importe, il me faut obéira Inventez des raisons qui puissent léblouir \
pestif, voit dans cet aveu une trahison, et voici comment Zénobie répODd à ses soupçons, en présence d'Arsamc :
Connais donc tout ce cœur que tu peux soupçonner :
Je Tiiis par un seul Irait le le faire connailre,
Et <le mon sort .iprèsje te lais-e le ui&ilro.
Ton Irère me fui cher, je ne le puis nier ;
Je ne cherche pas même à m'en juslifier ;
Mais, liialgré son amour, ce prince, qui Tignore,
Sans tes lâches soupçons rifriortrajl encore.
{A A rsnme.) Prince, après cet aveu, je ne vous dis plus rien ; Vous connaissez assez un cœur cuinnie le mien, Pour croire que sur lui l'amour ait quelque empire. Mon époux est vivant : alrl.^i ma llimme expire. Ce-sez donc d'écouter un aniour odieux, Kt surtout gardez-vous de panitre h mes ycui.
(A Bhadnmiile.) Po'ir loi, dès que la nuit pourra me le permellre. Dans les mains en ce* lieux je viendra me remettre. Je connais la fureur de tes soupçons jaloux ; Hais j'ai trop de vertu pour craindre imm époux. {Elle sort.)