‹ Théâtre completChapitre 307 sur 592 · SCENE · texte numérisé non relu

SCENE

MITHRTDATE, PHARNACE, XIPHARÈS,

Approchez, mes enfants'. Enfin l'heure est venue- 755

Qu'il faut que mon secret éclate à votre vue '. A mes nobles projets je vois tout conspirer *; 11 ne me reste plus qu'à vous les déclarer.

Je fuis ' : ainsi le veut la fortune ennemie. Mais vous savez trop bien l'histoire de ma vie 760

Pour croire que longtemps, soigneux de me cacher, J'attende en ces déserts qu'on me vienne chercher. La guerre a ses faveurs ainsi que ses disgrâces *. Déjà plus d'une fois, retournant sur mes traces, Tandis que l'ennemi, par ma fuite trompé '', 765

Tenait après son char un vain peuple occupé *",

1. Cette grande scène n'est pas, comme on l'a dit quelquefois, un supoi-Iie hors-d'œuvre ; Mithridate se sert du gigantesque projet qu'il a conçu pour découvrir les secrets sentiments de ses fils. On lui a reproché de révéler ses desseins au perfide Pharnace ; Mithridate s'en inquiète peu : dès que Pharnace se sera trahi, la mort, ou fout au moins un cachot, mettra le roi à l'abri de ses menées. On peut rapprocher cette scène de celle qui ouvre le second acte de Ci»/ia,et de la grande scène entre Cléopàtre et ses fils, à l'acte II de Rcitogune. Dans ces trois scènes, un autre intérêt est en jeu que celui qui est eiprimé ouvertement dans les discours des personnages.

2. Vak. — Venez, Princes, venez. Enfin l'heure est venue. (i673.)

Ce début rappelle celui du grand discours de Cléopàtre à ses fils {Jiodogii'>r, II, m) :

Met enfants, prenei place. EnGn voici le jour, etc.

3. Voir Esther, note du vers 716. Mithridate a déjà parlé deux fois de s n dessein (V. 432 et 621).

4. Var. — K mes justes desseins je vois tout conspirer. (1673-87.)

5. Remarquez la fierté de ces deux mots, ainsi détachés en fcte du vers.

6. <i La guerre est le tribunal des rois, et les victoires sont ses arrêts. >

(RiVAROL.)

7. Cela est conforme à l'histoire ; car Plutarque nous dit dans la Vie de Pompe que Mithridate était plus difficile à vaincre lorsqu'il fuyait que lorsqu'il eoinbnttait.

S. Mithridate veut parler du char des triomphateurs.

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