‹ Théâtre completChapitre 312 sur 592 · ACTE III, SCK^JK I · texte numérisé non relu

ACTE III, SCK^JK I

Que sa fureur envoie aux deux bouts de la terre. Attaquons dans leurs murs ces conquérants si fiers; Qu'ils tremblent, à leur tour, pour leurs propres foyers •. Annibal l'a prédit, croyons-en ce grand homme, 835

Jamais on ne vaincra les Romains que dans Rome ^. Noyons-la dans son sang justement répandu. Brûlons ce Capitole où j'étais attendu ^. Détruisons ses honneurs *, et faisons disparaître La honte de cent Rois, et la mienne peut-être ^ ; 840

Et, la flamme à la main, effaçons tous ces noms * Que Rome y consacrait à d'éternels affronts ''. Voilà l'ambition dont mon àme est saisie *. Ne croyez point pourtant qu'éloigné de l'Asie J'en laisse les Romains tranquilles possesseurs. 845

Je sais où je lui dois trouver des défenseurs. Je veux que, d'ennemis partout enveloppée, Rome rappelle en vain le secours de Pompée '. Le Parlhe '", des Romains comme moi la terreur,

1. Ces deux mots riment mal, c.ir on ne prononce pas Vr de foyer. — C'était auprès du foyer que se célébraient les saciificcs de Camille ; voilà pourquoi les Romains ne combattaient jamais avec plus d'acharnement que lorsqu'ils luttaient « pro aris et focis » .

2. i( Ait Annibal Romanos vinci non nisi armis suis posse, nec Italiam aliter

quam Italicis viribus subigi. » (JusTirr, XXX, v.) « Pour ce qu'il estoit ad-

verty que Hannibal, avant la guerre en Espaignc contre lesdits Romains, avoit ainsi fait (porté la guerre en Italie), dont à ceste cause avoit esté aux Romains moult cspouvantable. » (Appien, De la guerre Mithridatique, trad. Claude de Seyssel, XV.)

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