ACTE I, SCENE I. 4t
Qui, par un soin jaloux dans l'ombre retenus,
Si voisins de ses yeux, leur étaient inconnus. 140
Que te dirai-je enfin? la Sultane éperdue'
N'eut plus d'autres désirs^ que celui de sa vue.
OSMIN
Mais pouvaient-ils tromper tant de jaloux regards
Qui semblent mettre entre eux d'invincibles remparts?
Peut-être il te souvient qu'un récit peu fidèle 14»
De la mort d'Amurat fit courir la nouvelle ^
La Sultane, à ce bruit feignant de s'effrayer,
Par des cris douloureux eut soin de l'appuyer.
Sur la foi de ses pleurs ses esclaves tremblèrent * ;
De l'heureux Bajazet les gardes se troublèrent; ibO
Et, les dons achevant d'ébranler leur devoir^,
Leurs captifs dans ce trouble osèrent s'entrevoir.
Roxaoe vit le prince®, elle ne put lui taire
et l'amour invincible qu'elle avait pour lui, le défendaient extrêmement. » Racine avait déjà d'ailleurs appliqué le moi charmes à Alexandre (III, vi) :
Mais, Seigneur, cet éclal, ces victoires, ces charmes, etc.
On ne se figure pas tout ce que certains critiques, Jules Janin en tête, ont voulu voir dans ce vers de Bajazit.