‹ Théâtre completChapitre 34 sur 592 · Voir Britannicus, note du vers 3S · texte numérisé non relu

Voir Britannicus, note du vers 3S

3. On peut remarquer avec quel soin Racine établit la vraisemblance de sa fable. Segrais donne, dans sa Nouvelle, beaucoup plus de facilités à la Sultane et à Bajazet pour se voir.

4. Kncore un vers d'une élégance souveraine, comme on n'en rencontre que dans le théâtre de Racine.

5. Ellipse pour : le sentiment de leur devoir. On lit ainsi ce vers dans la première édition :

Et, l'espoir achevant d'ébranler leur devoir.

6. « L'amour, comme les larmes, naît des yeux et tombe sur le cœur » (Publils SvRus). — C'est un seul regard aussi qui, dans le Tasse, change la haine en amour dans le cœur voluptueux d'Armide : « Armide soit de sa retraite et se précipite vers le guerrier pour accomplir sa vengeance; mais, à peine a t-elle fixé sur lui ses regards et contemplé ce visage calme et paisible, ces yeux fermés où erre un tendre et langoureux sourire (et que serait-ce s'ils étaient ouverts?) qu'elle s'arrête incertaine... Puis, elle s'assied à ses côtés et sent fuir son courroux. Ainsi penchée vers lui, on la prendrait pour Narcisse se mirant dans le cristal des eaux. D'une main attentive, elle essuie avec son voile la sueur abondante qui mouille le visage de Renaud, et, d'une haleine amoureuse, elle rafraîchit l'air qu'il respire. 0 prodige incroyable I ce cœur plus dur que le diamant, plus froid que la glace, s'amollit sous l'influence des feux que recèlent ces paupières fermées. De cruelle ennemie elle devient amante! » (Lk Tassb, Jérusalem délivrée, chant XIV, trad. Philipon de la Madelaine.) — C'est aussi à première vue que Juliette s'éprend de fioméo. Mais une passion de ce genre est plus vraisemblable au sérail que partout ailleurs. r

L'ordre donl elle seule était dépositaire.

Cajazet est aimable. Il vit que son salut 155

Dépendait de lui plaire, et bientôt il lui plut.

Tout conspirait pour lui. Ses soins, sa complaisance •,

Ce secret découvert *, et cette intelligence ^,

Soupirs d'autant plus doux qu'il les fallait celer,

L'embarras irritant de ne s'oser parler *, 160

Même témérité, périls, craintes communes,

Lièrent pour jamais leurs cœurs et leurs fortunes.

Ceux mêmes dont les yeux les devaient éclairer ^,

Sortis de leur devoir, n'osèfent y rentrer.

Quoi? Roxane d'abord* leur découvrant son âme, 165

Osa-t-elle à leurs yeux faire éclater sa flamme ?

ACOMAT

Ils l'ignorent encore; et jusques à ce jour,

Atalide a prêté son nom à cet amour '.

Du père d'Amurat Atalide est la nièce * ;

Et même avec ses fils partageant sa tendresse, 170

Elle a vu son enfance élevée avec eux.

Du prince en apparence elle reçoit les vœux;

Mais elle les reçoit pour les rendre à Roxane,

Et veut bien sous son nom qu'il aime la Sultane

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