‹ Théâtre completChapitre 345 sur 592 · ACTE III, SCENE V. 2 A · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE V. 2 A

Venez. Je ne saurais mieux punir vos dédains,

Qu'en vous mettant moi-même en ses serviles mains ' ; 109O

Et, sans plus me ciiarger du soin de votre gloire,

Je veux laisser de vous jusqu'à votre mémoire *.

Allons, Madame, allons. Je m'en vais vous unir.

MONIME

Plutôt de mille morts dussiez-vous me punir!

MITHRIDATE

Vous résistez en vain, et j'entends ' votre fuite *. 1C95

UONIME.

En quelle extrémité, Seigneur, suis-je réduite *?

Mais enfin je vous crois, et je ne puis penser

Qu'à feindre si longtemps vous puissiez vous forcer *.

Les Dieux me sont témoins qu'à vous plaire bornée '

Mon àme à tout son sort s'était abandonnée *. HOO

Mais si quelque faiblesse avait pu m'alarmer ',

Si de tous ses efforts mon cœur a dû s'armer.

Ne croyez point, Seigneur, qu'auteur de mes alarmes,

Pharnace m'ait jamais coûté les moindres larmes.

Ce fils victorieux que vous favorisez, HOo

Celte vivante image en qui vous vous plaisez.

prix de toutes mes recherches; si j'avais mis du blanc, je n'aurais pu rien demander à ma physionomie, j'aurais perdu la douceur d'être applaudie, et la gloire de deviner Racine. »

1. Dignes d'un esclave, viles ; on lit dans VAntigone de Rotrou (IV, vi) :

Je n'ai Tait action ni lâche ni lervile.

2. Perdre de vous jusqu'au souvenir; l'expression est un peu obscure, mais le sens est le même que celui de ce v.ns plaré par JI. Coppée dans la bouche de Louis XIV, à TûCle lA' de sa Madame de Maintenon :

Hoi, j'oublierai combien vous me parûtes belle.

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