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Elle montre le bandeau royal

4 C'est un reprorhe que Monime crie, le bras tendu vers Mithridate. «M. Despréaux nous a parlé de la manière de déclamer, et il a déclamé lui-même quelques endroits, avec toute la force possible. 11 a rommcn'-é par des endroits du Mitimdate de Racine. C'est Monime qui parle à Miliiridate :

Nous nous aimion;... Seigneur, vous changez de visage.

11 a jeté une telle véhémence dans ces derniers mots, que j'en ai été ému. Aussi faut-il convenir que M. Despréaux est un des meilleurs récitateurs qu'on ait jamais vus. Il nous a dit que c'était ainsi que M. Racine, qui récitait aussi merveilleusement, le faisait dire à la Champmesié. » (Bhossette, Corr., 4838, p. 521.) — L'abbé du Bos, dans ses Réflexions critiques sur la poésie et sur la peinture (lll, 157), raconte que Racine avait appris à la Champmesié « à baisser la voix en prononçant les vers suivants :

Si le sort ne m'eiît donnée à vous,,

et cela encore plus que le sens ne semble le demander, aGn qu'elle pût prendre facilement un ton à l'octave au-dessus de celui sur lequel elle avait dit ces paroles : « Nous nous aimions, » pour ])rononcer : « Seigneur, vous changez de visage. » Ce port de voix extraordinaire dans la déclamation était excellent pour marquer le désordre d'esprit où Monime doit être dans l'instant qu'elle aperçoi. que sa facilité à croire Mithridate, qui ne cherchait qu'à tirer son secret, vien» de jeter elle et son amant dans un péril extrême. » — « Beaubourg, qui étai» extrêmement laid, représentant le rôle de Mithridate, mademoisel e Leoouvreur qui jouait celui de Monime, lui dit : « Ah ! SLigneur, vous changez de visage. »• On cria du parterre : « Laissez-le faire. » (Abbé db l4 P"iitb, Anecd. dram., I, soi.) On a raconté la même anecdote de Lekain. — Pradon [Régulus, III, il) a imité ce mouvement de scène :

FULVIB.

Ah ! Régulus est mort !

METELLC9.

Il est vivant, vous dii*je.

Rassurei-Tous, ma fille.

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