‹ Théâtre completChapitre 349 sur 592 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Ils s'aiment*. C'est ainsi qu'on se jouait de nous '. Ah ! fils ingrat, tu vas me répondre pour tous ^ Tu périras ^. Je sais combien ta renommée

1. Le calme avec lequel Mithridate parle cnrore en re moment est peut-être la plus grande preuve de force d'âme qu'il puisse donner. Mais, sous ces phrises courtes et saccadées, on sent gronder l'orage qui éclatera terrible dans le premier vers du monologue.

2. C'ist moins un cri qu'un rugissement. Dans une situation semblable Pbèdre se lamentera ; Mithridate agit.

3. Campistron a tiré de ce vers tout un monologue de son Andronic (IV, xii) :

VoiK n'iibiiscrci plus du mon trop d'ii'unlgcnce, Tr.iilres ! Mais par quel chirnie onl-ils pu m'eblouir ? Cnuiiiieiil onl-ils osé sonsçei à me tr.iliir, M(M, qui par tanl du soins vl de persévéïnnee Dh pé-ietrer les cœurs po-^sède la scienre ; Qui, p.ir Part que j'euiploie à cacher ni-'S projets, Connai" tous les cli. min-, tous 1rs détours «ecrels; 0"'. par ma poi tique et mon adresse à leiiidre, F.MCe tous les vuisnis. tous les rois à lue craindre? Dan' mon propre p, liais, au milieu de ma cour, Je me vois le jouel d'un Icmeraire amoiir. Deux perfides sans ail et sans expérience Démentent, par des feux mortels à mon honneur,

Tout ce que l'univers piibli'' en ma laveur

Helas ! ils m'abo-aieul sans peine et sans étude; Je n'avais, de leur parl.aMcuue inqiiieiude : Mon civur dt noirs soupçons n'elail point combattu, El dormait sur la fui de leur fausse vertu

On a pu reconnaître aussi dans ce morceau plusieurs souvenirs de la grande srcnc du quatrième acte de Phèdre:

Ils ^'aiment! Par oiiel iharaie ont-ils trompé mes yeux? Comment se sont il' vus? Depuis quand? Dans quels lieux? Helas ! ils se voyaient avec pleine licence.

4. Répondre, c'est ici : être responsable, comme dans Andromaque (I, iv) :

Le Dis me répondra des mépris de la mère.

5. Dans une tragédie bien faite, l'intrigue doit être nouée à la fin du troisième acte. Le troisième acte de Dritannicus est, à cr point de vue, la perfection même. Ici, l'orage jil me sur latète de Xipharès et de Monimc ; m lis, d'autre part, les paroles mystérieuses fle Pharnace nous font soupçonner qu'un danger euloure Mithridate, et le roi lui-même nous apprend que la fidélité d'une partie de ses troupes lui est suspecte.

2((. MITUlilDATE.

Et tes fausses vertus ont séduit mon armée. H20

Perfide, je te veux porter des coups certains :

Il faut, pour te mieux perdre, écarter les mutins.

Et, faisant à mes yeux partir les plus reljelles,

jNe garder près de moi que des troupes tidèles.

Allons. Mais, sans montrer un visage oflensé, H25

Dissimulons encor, comme j'ai commencé ^

1. iNous savons que la dissimulation de Slitliridate e?t plus terrible que les éi'Iats de sa colère.

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