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SCÈNE IV

MITHRIDATE, MONIME

MITHRIDATE

Allons, Madame, allons ^. Une raison secrète

Me fait quitter ces lieux et hâter ma retraite*.

Tandis que mes soldats, prêts à suivre leur Roi,

Rentrent dans mes vaisseaux pour partir avec moi,

Venez, et qu'à lautel ma promesse accomplie ^ 1275

1. La façon dont cette scène est interrompue relève ce qu'elle pouvait avoir de mou et de hingiiissant.

2. Le mouvement de cette courte scène rappelle la fin d'une scène d'Andromaque iIV, iv) :

CLÉONB.

Mu* ((u'cl-ce que je voi ?

OOieux ! Qui l'aurait cru. Mi.liuie ? C'est le Roi I

UCRMIOMB.

Ail ! cours apré* Ore-le ; et uis-lui, ma Cléone, Qu'il ii'eMlrepreiine rien <aii< rnvoir lieriiiioiie.

3. La scène dramatique qui commence ici fut un jour égayée à Lille de la façon la plus bizarre. Diii^ormier, qui jouait le roi de Pont, était très gros, et ii faisait très chaud. En quittant la scène, il déposait sa large perruque, pour revêtir un petit bonnet blanc, qui étanchait sa sueur. Il entra, par distraction, au IV" acte, dans ce costume peu tragique. L'hilarité do la salie fut partagée par Monime, qui dut se couvrir le visage du moucnoir dont elle s'était armée pour un plus dramatique usage. « Mademoiselle, s'écrie Ducormier, cela est de la dernière indécence ! — Ce qui est de la dernière indécence, répondit la princesse, c'est le bonnet de nuit avec lequel vous venez me conduire à l'autel. » Mithridate, qui tenait de la main droite un gigantesque chapeau, porte à sa tête la main gauche, et « Pardon, Messieurs, dit-il au parterre, je vois maintenant que c'est moi qui suis un sot. »

■i. 11 est à remarquer que Mithrid.ite ne confie point à Monime le dessein qu'il a formé d'aller attaquer la puissance romaine à Rome même.

5. La promesse qu'il a faite de l'épouser, le jour qu'il lui a envoyé le bandeau roval.

256 MITHRIDATE

Par des nœuds éternels ^ l'un à l'autre nous Us.

MONIME

Nous, Seigneur ^ ?

MITHRIDATE

Quoi? Madame, osez-vous balancer '?

MONIME

Et ne m'avez-vous pas défendu d'y penser?

MITHRIDATE

J'eus mes raisons alors : oublions-les, Madame.

Ne songez maintenant qu'à répondre à ma flamme. 1280

Songez que votre cœur est un bien qui m'est dû.

MONIME

Hé! pourquoi donc, Seigneur, me l'avez-vous rendu * ?

MITHRIDATE

Quoi? pour un fils ingrat toujours préoccupée-®, Vous croiriez...

MONIME

Quoi? Seigneur, vous m'auriez donc trompée'.

MITHRIDATE

Perfide ! il vous sied bien de tenir ce discours, 1285

Vous qui, gardant au cœur d'infidèles amours ^,

Quand je vous élevais au comble de la gloire,

M'avez des trahisons préparé la plus noire!

Ne vous souvient-il plus, cœur ingrat et sans foi,

Plus que tous les Romains conjuré contre moi *, 1290

De quel rang glorieux j'ai bien voulu descendre,

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