‹ Théâtre completChapitre 383 sur 592 · ACTE IV, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VI

De ce trouble fatal par où dois-je sortir *? SCÈNE VI.

MITHRIDATE, ARBATE.

ARBATE.

Seigneur, tous vos soldats refusent de partir -. Pharnace les retient, Pharnace leur révèle Que vous cherchez à Rome une guerre nouvelle.

MITHRIDATE

Pharnace?

ARBATE.

Il a séduit ses gardes les premiers ; 1425

Et le seul nom de Rome étonne les plus fiers *. De mille affreux * périls ils se forment l'image. Les uns avec transport ' embrassent le rivage ® ; Les autres, qui partaient, s'élancent dans les flots '', Ou présentent leurs dards aux yeux des matelots '. 1430

siens : « Tb Y''? ^'l /.a^sfûtato" xa^ irûvoixov iit\ patnXeûs'i çippiaxov, àxiirciav o-toaToû xa^ T.aCîmv xa\ aiXuv, où i:çoEiiî<>[Ji-f,v, ô zà It:\ JiaÎTf) Tcdvxa -rcpoïiiuv xa\ ouXaïànEvo;. ii Racine aurait pu laisser ce trait à l'auteur grec; toutefois, le rapprocliiTnent n'est pas assez accentué pour être fort rlioquant. Un rapprochement semblalile avait été déjà fait par Ovidedans ses Bé)'uides {Lettre dŒnoneâ Paris, 148-149) :

Me mi-eram! quod ainor non esl medicabilis lierbis ; De^liUior piudens artisab arte mei;

et dans les Métamorphoses (I, 521-524), où Apollon dit à Daphnô

Invenlutn medicina nieuiii est, npiferque per orbem Dii-or, ft herbaruiii esi subjecla (uileiilia iiohis. Heu iiiihi, qiioJ ntillis nmoi esl luedic.ililli?' berbis ; Nec i>rusunL domina, qux pru$uiit oiimibus, artes.

.' 11 l'avoue donc à la fin ! Oui, c'est une grande dirTcirmité dans la nature qu'un vieillard amoureux! Mais que de chemin il a fait pour arriver à cette ronclusionl et que de chemin nous avons fait avec lui ! Nous avons passé en revue l'un après l'autre tous les sentiments dont se compose l'amour d'un vieillard pour une jeune fille; il est très vrai que nous les avons vus sous un angle pailiculii-r, puisque ce vieillard est Mithridute et qu'il s'adresse à Moninie. Mais il n'importe! Nous avons fait le tour de cette passion! Nous en avons saisi tous les ressorts et toutes les manifestations. L'œuvre du poète trag-ique est accomplie. » (M. Sarcbt, le Temps, Chronique théâtrale du 17 février 1879.)

1. A la fin de ce monologue, Mithrid.ite est aussi indécis qu'au début; les événements vont précipiter sa décision, et, par leur tumulte même, en atténuer la cruauté.

•>.. Var. — Seiq-neur. tous vos soldats ne veulent plus partir (1673-1687).

3. .Cette rime est défictueuse ; on ne prononce pas l'i- finale dans premier, tandis qu'on la prononce dans fier. Voir les vers 833 et 834.

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