SCENE II
ROXANE, ATALIDE, ZATIME, ZAÏRE, AGOMAT, OSMIN '.
ACOMAT
La vérité s'accorde avec la renommée,
Madame. Osmin a vu le Sultan et l'armée.
Le superbe Amurat est toujours inquiet ; 2lî>
Et toujours tous les cœurs penchent vers Bajazet :
D'une commune voix ^ ils l'appellent au trône ^.
Cependant les Persans marchaient vers Baljylone *,
1. C'est après la réforme du costume au théâtre que Louis Racine écrivait : « Un savant peut trouver à redire qu'Achille, sur le théâtre, soit habillé comme Auguste et Mithridate; il sait que ces trois princes étaient habillés différemment; mais le peuple, qui l'ignore, n'est pas même choqué de leur voir à tous trois des perruques et des chapeaux, au lieu qu'il serait choqué d'en voir sur la tête des Turcs, parce que, sans avoir été à Constantinople, nous avons conversé avec des gens qui y ont été, ou nous avons vu des Turcs parmi nous; ainsi on ne les fait point paraître sur le théâtre sans des robes longues et des turbans. » Mais, dès le temps de Racine, Bajazet avait dû être représenté avec d'autres costumes que les tragédies ordinaires, puisque Corneille trouvait aux personnages un air français « sous l'habit turc )>. Il existe à l'Opéra, dans la galerie d'exposition rétrospective, une gravure qui représente des Turcs d'opéra ; la femme a un pantalon bouffant, tombant jusqu'aux pieds, et recouvert d'une longue tunique, que font bouffer de petits paniers ; un voile flottant, un turban et une aigrette complètent ce costume, qui est à peu près celui de l'homme : ("ependant la tunique de ce dernier est plus courte, et son aigrette plus imposante. Il est probable que les Turcs de traeéiUe devaient ressembler beaucoup aux Turcs d'opéra, et ces costumes n'étaient pas plus ridicules que ceux de nos paysannes d'opéra comique.