SCENE IV
Iphigénie sort, et le Prince fait quelque effort ^ pour ob-
1. Ce trait est heureusement choisi pour nous avertir de l'ardente amitié qui unit Oreste à Pylade.
2. Je suis trop au-dessus de celte indignité "•our te vouloir piquer de générosité.
(Corneille, B^raclius, lU, ii.)
3. Tout cela est très spirituellement inventé. Le Prince se trouvera d'autant plus contraint à prendre les intérêts des prisonniers que c'est lui-même qui, involontairement, les aura conduits à la mort.
4. Ainsi déjà le Prince a fait opposition aux volontés paternelles.
5. Qui vous oblige, qui vous lie : « Les dernières paroles de ces Messieurs sont que d'engager un enfant à un homme du commun, c'est une espèce d'homicide et comme un déicide en leurs personnes. » (Pascal, Lettre à Madame Péricr, 1659.)
6. Iphigénie ne pouvait que gémir sur son sort, et, pendant ces plaintes, le Prince serait resté en assez méchante posture; voilà pourquoi le poète se serait hâté d'amener Thoas.
7. Jamais dans le théâtre de Racine un personnage ne parait sans motif sur la scène. Thoas est amené par le désir de voir si la prêtresse ne néglige pas les préparatifs du sacrifice.
8. Ces mots préparent la première entrevue d'Iphigénie avec son frire; cette entrevue devait avoir lieu au second acte, et Thoas n'en aurait pas été témoin : « afin qu'on vous remette. »
9. Le Prince ne doit guère insister ; il sera plus pressant quand U connaîtra les noms des captifs.
tenir de son père la vie de ces deux Grecs, afin qu'il ne les ait pas sauvés inutilement. Le Roi le maltraite *, et lui dit que ce sont là des sentiments qui lui ont été inspirés par la jeune Grecque ; 11 lui reproche la passion qu'il a pour une esclave *.
LE PRINCE
Et qui vous dit, Seigneur, que c'est une esclave ?
LE ROI
Et quelle autre qu'une esclave aurait été choisie par les Grecs pour être sacrifiée ?
LE PRINCE
Quoi? ne vous souvient-il plus des habillements qu'elle avait lorsqu'on l'amena ici ? Avez-vous oublié que les pirates l'enlevèrent dans le moment qu'elle allait recevoir le coup mortel ? Nos peuples eurent plus de compassion pour elle que les Grecs n'en avaient eu ^ ; et au lieu de la sacrifier à Diane, ils la choisirent pour présider elle-même à ses sacrifices *.
Le Prince sort, déplorant sa malheureuse générosité, qui a sauvé la vie à deux Grecs, pour la leur faire perdre plus cruellement.