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SCÈNE

ÉRIPHILE. DORIS

ÉRIPHILE

Ne les contraignons point, Doris, relirons-nous; 393

Laissons-les dans les bras d'un père et d'un époux; Etitandis qu'à l'envi^leur amour se déploie, Mettons en liberté ma tristesse et leur joie ^.

Donis Quoi, Madame? toujours irritant vos douleur? ^, Croirez- vous ne plus voir que des sujets de pleurs? 400

1. Réflexions su7- l'art théâtral, par J. Mauduit-Larive, p. 25: « Mademoiselle Clairon a fait connaître les beautés d'EripliiIe,que l'on avait regardée jusqu'à cette époque comme un mauvais rôle. "Louis Racine part:\g-eait ce sentiment; il le laisse percer dans sa comparaison entre V IphUjénie d'Euripide et celle de son père [Acad. desinscript. et belles-lettres, VIII, 203) : « Que vient faire Kriphilc'? Elle vient entretenir sa confidente de ses malheurs et de son amour pour Achille. Personne ne prend intérêt à ses malheurs ; son amour touche aussi peu le spectateur qu'il touche Achille lui-même ; elle ne fait que détourner l'attention qu'on a p our Iphigénie, qui seule est digne de l'attirer. Il est vrai que

sa mort épargne le chagrin de voir celle d'Iphigénie ; mais quand le poète auraitâfait mourir Iphigénie, il n'aurait fait que suivre l'autorité de la Fable, comme I l'a suivie dans la tragédie d'Jïippohjte, où la scène est souillée par le meurtre également horrible d'un prince vertueux, la victime innocente d'une c;ikmni atroce. »

2. Ce mot n'a aucun rapport avec le substantif e?ii'i'e ; envi vient de l'adjectif invitus, envie de invidia.

3. i< Dans les tragédies à double intrigue l'exposition est nécessairement double, et Racine est assez dans l'usage d'en réservci- une partie nour le second acte ; formule qui a mis dans ses fables un peu trop d'uniformité. •> (Marmontel, Eléments de littérature, t. III, p. 347-348.)

<( C'est avec une adresse bien digne de lui que Racine, au second acte, fait paraître Eriphile, avant qu'on ait vu Iphigénie. Si l'amante aimée d'Achille s'était montrée la première, on ne pourrait souffrir Eriphile, sa rivale. Ce personn âge est absolument nécessaire à la pièce, puisqu'il en fait le dénouement; il en, fait même le nœud; c'est elle qui, sans le savoir, inspire des soupçons crue s à Clytemnestre, et une juste jalousie à Iphigénie; et, par un art encore plus admirable, l'auteur sait intéresser pour cette Eriphile elle-même. » (Voltaire, Dictionnaire philosophique, Art dramatique.)

Remarquons aussi par quel art le poète sait nous faire accepter Eriphile, en nous montrant d'abord en elle l'orpheline sans appui et la captive humiliée.

4. Excitant, rendant plus vives; Racine a dit dans le même sens [Brifannicus, II, II) :

El que de temps en temps j'irrile ses ennuis, Afin qu'elle ni evile autint que je la fuis.

C'est ainsi qu'on dit que le frottement irrite une plaie.

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