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ACTE II, SCÈNE I

Et te parle une fois, pour se taire toujours. 480

Ne me demande point sur quel espoir fondée

De ce fatal amour je me vis possédée.

Je n'en accuse point quelques feintes douleurs

Dont je crus voir Achille honorer mes malheurs.

Le ciel s'est fait, sans doute, une joie inhumaine 485

A rassembler sur moi tous les traits de sa haine '.

Rappellerai-je encorle souvenir affreux

Du jour qui dans les fers nous jeta toutes deux?

Dans les cruelles mains par qui je fus ravie

Je demeurai longtemps sans lumière et sans vie. 490

Enfin mes tristes yeux cherchèrent la clarté 2 ;

Et, me voyant presser d'un bras ensanglanté^,

Je frémissais, Boris, et d'un vainqueur sauvage

Craignais de rencontrer l'effroyable visage *.

t. Oreste, dans Andromaque (V, t), adressait au ciel le même reproche: Ta haine a pris (ilaisir à former ma misère.

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