ACTE II, SCENE II
AGAUEMNON.
Ma fille, je vous vois toujours des mêmes yeux '. 335
Mais les temps sont changés, aussi bien que les lieux. D'un soin cruel ma joie est ici combattue ^.
IPHIGÉNIE
Hé ! mon père, oubliez votre rang à ma vue.
Je prévois la rigueur d'un long éloignement.
N'osez- vous, sans rougir, être père un moment^? 560
Vous n'avez devant vous qu'une jeune princesse
A qui j'avais pour moi vanté votre tendresse.
Cent fois lui promettant mes soins, votre bonté,
J'ai fait gloire à ses yeux de ma félicité :
Que va-t-elle penser de votre indifférence? 505
Ai-je flatté ses vœux d'une fausse espérance? ^
N'éclaircirez-vous point ce front chargé d'ennuis .'
AGAUEMNON.
Ah ! ma fille !
IPHIGÉNIE
Seigneur, poursuivez.
AGAMEUNON.
Je ne puis.
IPHIGÉNIE
Périsse le Troyen auteur de nos alarmes ^!
AGAUEMNON.
Sa perte à ses vainqueurs coûtera bien des larmes. 57
IPHIGÉNIE
Les Dieux daignent surtout prendre soin de vos jours!