A cette entrevue
S. Roxane soupçonne Bajazet, mais elle ne soupçonne pas Atalide. L'affection qu'elle a pour elle, et qu'Acomat constatait au vers 210, lui a fermé les yeux.
4. « Les rôles tendres exig-ent une physionomie douce, un son de \o\x touchant, des pleurs faciles, des gestes moelleux et peu fréquents, un ensemble modeste, une démarche mesurée, une taille élégante, et, s'il se peut, dans la proportion des tailles médiocres. Les petites femmes paraissent jeunes plus longtemps, et tout ce qui semble tenir encore à l'enfance, émeut avec plus de facilité. — La plus grande partie de cet emploi ne présente que des jeunes filles sans expérience, timides, osant à peine avouer l'amour qu'elles ressentent et celui qu elles inspirent. J'invite l'actrice chargée de cet emploi à ne jamais perdre de vue l'air de pureté, de candeur que son âge et son rang exigent. En peignant ce que l'amour peut inspirer de plus tendre, il faut éviter avec soin tout ce qui peut peindre la volupté. Le ton, le maintien, le regard d'une femme coquette ou galante, ne peuvent jamais convenir à l'innocence. La tragédie doit être l'école des mœurs pures, comme elle l'est des grandes actions. » (Mademoiselle CLAinox,-l/(?>«oiVes. p. 2C0-261.)
5. Atalide a regardé, muette de terreur, sortir Roxane, puis elle accourt vers Zaïre, qui, penaant la scène précédente, était restée avec Zatimc dans le fond du tliéâtre, et lui crie ce vers, qui commence la scène d'une façon dramatique. Il en était besoin ; car, ignorant les amours de Bajazet et d'At.ilide, les soupçonnant à peine à la défiance de Roxane et au trouble peint sur le visage d'Afalide. nous ne pouvions comprendre ce qu'avaient de terrible pour elle les paroles de Roxane.