Samson {Art théâtral, II
C'est là qu'il faut tonner, U qu'il faut être belle De innternel uiiiour l't de fierté rebelle. Et, dans un jeu sublime en sa simplicité, Allier le désordre avec la majesté...
2. Me trucida victimam cum filia. (Blciiaxan, Jephtes.) La Clyiemneslre de Leclerc dira (Iphigénie, IV, m) :
Barbare, lu crois donc que sa mère y consente ? Qu'elle livre au supplice une lille innocenle? Celle de qui les jours me sont si précieux Se verrait par son père immolée à nus jeux? Je serais de sa mort la iireinière complice? Mcii-mêcne je l'aurais conduite au sacrifice? Non, non. de ses beaux jours mes jours sont le siinii''n, Il laul percer mon cœur pour allerjusqu'au sien.
3. M. Delfour, dans ses Ennemis de Racine, remarque que dans les grands couplets d'iphigéiiip, Aiiamemnon ei C.'ytemnestre, « Racine, avec beaucoup d'art et de profondeur, a renversé l'ordre adopté par Euripide. 11 a compris que les vœui timides dlphigéiiie devaient précéder les imprécations de Clytemriestre. (lelle-ci, avant d'éclater, devait attendre l'effet des larmes et de la touchante résignation de sa fille; et la réponse d'Agamemnon, en lui enlevant tout espoir, devait rendre le déchaînement de sa fureur plus violent et plus terrible. Jusque-là, il fallait qu'elle contînt les sentiments qui grondaii'iil ou elle, et qu'elle restât dans une inquiète et menaçante immobilité, n La Clvtiniiiestre de Leclerc sera encore plus menaçante que celle de Racine (Jphiyéni'', IV, iv) :
.... Crains que ce ne soit une leçon pour moi, Qu'un exemple si grand ne me serve de loi, Et que sur toi d'un coup également funeste. Je ne venge ma fille et les iils de Thyesle.
U est vrai qu'Agamemnon n'est plus là, lorsqu'elle l'apostrophe ainsi.
4. Il parait que quelquefois les comédiennes, pour se ménager une sortie plus dramalique, se sont permis de couper ces deux vers. — Peut-être Racine s'est-il là souvenu de Corneille :
El bien que je renonce à vivre sous vos lois. Je vais vous obéir pour la dernière fois.
{La Place-Royale, II, m.)