‹ Théâtre completChapitre 549 sur 592 · ACHILLE, AGAMEMNON · texte numérisé non relu

ACHILLE, AGAMEMNON

ACHILLE

Un bruit assez étrange est venu jusqu'à moi -,

Seigneur; je l'ai jugé trop peu digne de foi.

On dit, et sans horreur je ne puis le redire ^ 1325

Qu'aujourd'hui par votre ordre Iphigénie expire.

Que vous-même, étouffant tout sentiment humain.

Vous l'allez à Calchas livrer de votre main.

On dit que sous mon nom à l'autel appelée,

Je ne l'y conduisais que pour être immolée ; 1330

Et que d'un faux hymen nous abusant tous deux,

Vous vouliez me charger d'un emploi si honteux.

Qu'en dites-vous, Seigneur? Que faut-il que j'en pense?

Ne ferez-vous pas taire un bruit qui vous offense *?

1. Dans une situation semblable, Alcxaiulie Hardy avait fait dire au roi Hydaspe (Théagène et Chariclée, vni» journée, IV, 1) : Célestes, pardonnez à la doiilenr d'un i>i,Te, Qui muniuire, perdant sa i,'énitnre ctière

Dnns la Psyché de Corneille, Molière et Q^iiiiault, .Molière met dans la bouche du Koi (II, i) des plaintes beaucoup plus amères contre les Dieux : Ah ! qu'ils soullront du moins mes plninles légitimes; Ce m'est a?«ez d'eflurt que de leur obéir: Ce d.ut leur être assez que mon eœur fubnndonne Au liarbare respect qu'il l.iut qu'on ait pour eux, San-; prétendre ^êner la douleur que me donne L'épouvantable arrêt d'un soit si rigoureux. Mon jusle désesi'oii' ne «aurait se cunlraindre; Je veux, je veux pwieT ma douleur à jamais. Je veux sentir toujours la perle que je lais. De la rigueur du rielje veux toujours uie plaindre; Je veux jusqu'au trépas incessamment pleurer Ce que tout l'univers ne peut me réparer.

î. Dans V Andromède de Corneille (IV, m), Phinée avait une entrée analogue :

Sur nn bruit qui m'étonne, et que je ne puis croire, Madame, mou amour, jiiloux de voire cl. ne. Vient savoir s'il est vrai que vous soyez d'accord, Par un change honteux, de l'arrêt de ma murt.

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