‹ Théâtre completChapitre 590 sur 592 · ADDITIONS ET CORRECTIONS · texte numérisé non relu

ADDITIONS ET CORRECTIONS

Parfaict {Ilist. du Th. Fr., III, 532), la mort d'Hypsicratée, femme de Mithridate, Roy de Pont, qui, ayant suivi ce Prince dans toutes ses traverses, s'empoisonna pour ne le {sic) pas survivre. Le sujet est pris de Plutarque dans la Vie de Lucullus. »

Vers 109. — Ladislas avait dit sur le même Ion à Cassandre dans le Venceslas de Rotrou (II, ii) :

Car enfin si l'on pèche adorant vos appas, Et si l'on ne vous plaît qu'en ne vous aimant pas, Cette offense est un mal que je veux toujours faire, Et je consens plutôt à mourir qu'a vous plaire.

Vers 286. — On peut remarquer aussi que Racine avait d'abord écrit autrement les vers 243 et 246. C'est seulement après 1687 qu'il les modifia, sans doute pour donner justement cette note ironique aux paroles de Pharnace.

Vers 375. — Monime est assise à droite, accoudée sur une table; Phsedime entre par la gauche.

Vers 388. — C'est seulement à ce vers que Monime se retourne vers Phsedime.

Page 202. — Mettre en note au mot Gardes, qui termine la liste des personnages en scène : a La Comédie Française supprime ici les Gardes ; ce n'est point par une raison d'économie, puisque nous les verrons au troisième acte ; alors pourquoi? Cette entrée de Mithridate sans la moindre escorte manque de grandeur. »

Vers 606. — Racine reprendra ce mouvement dans Iphigénie (IV, IV):

Venez, venez, ma fille, on n'attend plus que vous, etc.

Vers 747. — Nous ne savons pour quel motif les vers qui terminent cet acte sont coupés à la représentation rue Richelieu.

Vers 755. — Mettre au commencement de la note 1 : « Pharnace et Xipharès sont dans le fond de la scène, chacun au milieu d'un groi-ipe de gardes. »

Vers 840. — Modifier ainsi la fin de la note 5 : « dont parlait tout à l'heure le poète, et dont parlera Crébillon dans Rhadamiste et Zénobie (II, ii), lorsqu'il fera dire par Pharasmane à l'ambassadeur romain :

Ce peuple triomphant n'a point vu mes images A la suite d'un char en butte à ses outrages; La honte que sur lui répandent mes exploits D'un airain orgueilleux a bien vengé des rois. »

Vers 1052. — Voir tome IV, p. 320, note 6.

Vers 1497. — Ajouter à la note 8 : « A la Comédie Française quelques femmes en effet entrent en scène avec Phaedime et la reine. L'une d'elles au vers précédent est tombée aux genoux de Monime, taudis que les autres se précipitaient vers elle. »

IPHIGlîNIE. «55

Vers 15'23. — En prononçant cet hélas ! Phœdime se prosterne devant Monime.

Vers 1693. — L'acteur qui vient de jouer avec talent Mithridate à la Comédie Française a remplacé par un hoquet naturaliste le Mais qui commence ce vers. Au sujet de cet effet, voir At/ialie, note du vers 506.

Page 289 : « Aussi s'informe-t-elle d'abord de tous les chefs do l'armée grecque avant de prononcer le nom d'Agameninon. » Mettre en note à cette phrase : « Cela est absolument conforme à la nature ; que l'on se rappelle la fameuse lettre (20 juin 1672), dans laquelle Madame de Sévigné raconte comment Madame de Longueville apprit la mort de son fils : « Mademoiselle de Vertus n'avait qu'à se montrer : ce retour si précipité marquait bien quelque chose de funeste. En effet, dès qu'elle parut : « Ah, Mademoiselle ! comment se porte Monsieur mon frère? » Sa pensée n'osa aller plus loin. »

IPHIGENIE.

Page 32G. — On a pu lire dans notre Notice sur Iphigênie que les comédiens avaient en 1769 mis en action, sans succès, le dénouement à' Iphigênie. Cet essai avait été demandé par Luneau de Boisjermain {Commentaires sur Racme, T. II, Examen d' Iphigênie): « Nous n'avons qu'un regret à former, c'est que Racine n'ait point composé sa pièce dans un temps où le théâtre fût, comme aujourd'hui, dégagé de la foule des spectateurs qui inondaient autrefois le lieu de la scène ; ce poète n'aurait pas manqué de mettre en action la catastrophe qu'il n'a mise qu'en récit. On eîit vu, d'un côté, un père consterné, une

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mère éperdue, vingt rois en suspens, l'autel, le bûcher, le prfctre, couteau, la victime ; et quelle victime ! de l'autre, Achille menaça| l'armée; en émeute, le sang de toutes parts prêt h couler, *£ripli désignée par Calchas pour l'unique objet de la colère céleste, et ce| princesse, s'emparant du couteau sacré, expirer bientôt après sous 1 coups qu'elle se serait portés » Diderot démontre au contraire tr heureusement dans son Troisième entretien sur le Fils naturel que mise en action de ce récit devait fatalement faire disparaître la grai deur du drame : « Où est l'acteur qui me montrera Calchas tel qu est dans ces vers? Grandval s'avancera d'un pas noble et fier entij les deux partis; il aura l'air sombre, peut-être même l'œil farouchl Je reconnaîtrai à son action, à son geste, la présence intérieure d'u démon qui le tourmente. Mais, quelque terrible qu'il soit, ses cheveu ne se hériss diront point sur sa tête. L'imitation dramatiiiue ne vapo jusque-là. Il en sera de môme de la plupart des autres images qi-| animent ce récit : l'air obscurci de ti'aits, une armée en tumulte, Il i terre arrosée de sang, une jeune princessi; le poignard enfoncé dans 1 sein, les vents déchaînés, le tonnerre retentissant au haut de-i air& le ciel allumé d'éclairs, la mer qui écume et mugit. Le poète a pein' toutes ces choses : l'imagination les voie; l'art ne les imite point

Mais il y a plus : un goîit dominant de l'ordre nous contraint :

mettre de la proportion entre les êtres. Si quelque circonstance non est donnée au-dessus de la nature commune, elle agrandit le resti dans notre pensée. Le poète n'a rien dit de la nature de Calchas. Mai> je la vois; je la proportionne à son action. L'exagération iniellecttielle s'échappe au delh et se répand sur tout ce qui approche de cet objet. La scène réelle eiit été petite, faible, mesquine, fausse ou manquée ; elle devient grande, forte, vraie, et môme énorme dans le récit. Au théâtre, elle eût été fort au-dessous de nature, je l'imagine un peu au delà. C'est ainsi que, dans l'épopée, les hommes poétiques deviennent un peu plus grands que les hommes vrais. »

Page 327, note 1. — En mentionnant les auteurs qui avaient traité, avant Racine, le sujet d'Iphigénie, nous avons oublié de signaler deux prédécesseurs de Rotrou, Gaumin et la Clérière, dont les œuvres ne se trouvent plus, et Théodore de Béze (15H)-l(!05j, dont ï Abraham sacrifiant présente quelques rapports avec le sujet d'Iphigénie.

Page 3j2. — Robert Garnier, dans son jln/jpo«e (III), a imité ainsi les vers d'Euripide que Racine a traduits dans sa Préface :

Je vois jà de Caron la tète chevelue

Et les larves d'enfer; j"entciids l'horrible voix

Da cbiea Tartaréan hurlant à trois abois.

Vers 9. — Ce vers est presque la traduction du vers 38 de la Magicienne de Théocrite :

'Hvlot ait'fl I*'* tôvTo;, «rifwvti S' àrj-iai*

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Vers 12. — Boileau a exprimé dans son ÉpUre VI (93-102) une idée semblable :

Qu'heureux est le mortel qui, du monde ig'noré, Vit, content de soi-même, en un coin retiré; Que l'amour de ce rien, qu'on nomme renommée, N'a jamais enivré d'une Taine fumée.

Vers 45. — Ce passage semble une traduction d'un morceau des Métamorphoses d'Ovide :

Conjurataeque sequuntur Mille rates, gentisque simul commune pelasgœ. Nec dilata foret vindicta, nisi aequora saevi Invia fefissent venti, Bœotaque tellus, Aulide piscosa, puppes teuuisset ituras.

Vers 156. — « Il y a une objection à faire : Ériphile fut faite prisonnière à Lesbos qu'Achille vient de conquérir; comment a-t-elle eu le temps d'aller joindre Iphîgénie à Argos, et comment Iphigcnie peut-elle être liée avec elle étroitement ? » (Luneau de Bois-

JERMAIN.)

Vers 226. — Cet argument est ici très heureusement choisi. Il prépare tout naturellement une admirable réplique d'Achille, et, de plus, le jeune héros ne doit pas s'étonner qu'Agamemnon hésite à condamner sa fille à un veuvage prochain.

Vers 3J8. — On se rappelle qu'Ulysse contrefit l'insensé pour ne point partir au siège deTroie, et que Palamède, afin de l'éprouver, plaça le petit Télémaque devant la charrue que conduisait son père. Ulysse détourna la charrue, et partit pour Troie. Au lieu de rappeler ce tableau, Leclerc disait sèchement (I, m) :

Heureux qui, comme vous.

Nous exhorte à souffrir, et ne sent pas les coups.

Vers 436. — Cette interprétation subtile des oracles est tout à fait dans le goût de l'antiquité, et, de plus, était fort à la mode au xvii" siècle. En voici un exemple tiré de l'Illustre Bassa de Mademoiselle de Scudéry (IV, p. 115-119); Soliman a promis à' Ibrahim que, tant que Soliman vivrait, les jours d'Ibrahim seraient en sûreté; mais cette promesse gône Soliman, qui consulte le mupliti : « Voici les mêmes paroles que je lui dis : « Souviens-toi que je te jure pnr Allah que tant que Soliman sera vivant tic ne mourras point de mort violente. » — Cela suffit, lui répondit le muphti ; car Seigneur, pour expliquer ma pensée à ta Hautesse, n'est-il pas vrai que la promesse qu'Elle a faite à Ibrahim est une chose qui ne le peut mettre en sûreté que durant sa vie ? Et n'est-il pas certain que tes successeurs ne seraient pas obligés à sa conservation ? Gela étant, il ne sera pas difficile de te contenter ; car enfin ta Hautesse

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ayant promis à Ibrahim qu'il ne mourrait point de mort violente, tant que Soliman serait vivant, si je puis te faire voir qu'il y a tous les jours quelques heures où Soliman ne vit point, ce sera to faire voir par ce moyen que, durant ce temps-là, Ibrahim peut mourir sans que ta Hautesse manque à sa parole. » — Le sultan, l'entendant parler ainsi, crut que cet homme ne savait pas trop bien ce qu'il voulait dire. Mais l'autre, sans s'étonner, et lui parlant avec autant de hardiesse que s'il eût été inspiré du ciel : « Seigneur, lui dit-il, c'est une chose que personne n'ignore que le sommeil est appelé frère de la mort par toutes les nations et en toutes les langues. Et certes, ce n'est pas sans sujet qu'il est nommé de cette sorte, étant certain qu'un homme endormi ne peut avec raison être dit vivant, puisque l'on voit qu'il est privé de toutes les fonctions de la vie raisonnable, qui seule est la vie de l'homme. J'avoue bien qu'en cet état il jouit encore de la vie des plantes, mais non pas de celle des hommes, qui ne consiste qu'en l'usage de la raison, dont

on est entièrement privé dans cet état Enfin, demeurant pour

constant qu'un homme endormi ne se peut, à parler raisonnablement, appeler vivant, je conclus de là que, sans que ta Hautesse manque à sa parole, Ibrahim peut perdre la vie, lorsque le sommeil t'aura profondément assoupi les sens et la raison. » Il est probable que cette scène avait plu, puisque Scudéry mit au théâtre l'Illustre Baxsa, dont cette interprétation de l'oracle forme le noeud ; voici les vers qu'il plaça dans la bouche du muphti :

Seigneur, Rustan Bassa m'a dit en peu de mots Le doute mal fondé qui trouble ton repos : Mais entends seulement ce que le ciel m'inspire

Pour trouver ton repos et celui de l'empire

Tu promis au vizir

Que, tant que Soliman serait encore en \ie,

Kulle tragique fin n'achèverait son sort.

Mais, parmi les savants, il est plus d'une mort.

Certains peuples. Seigneur, dont l'exemple est utile,

Ont une mort entre eux qu'ils appellent civile.

D'autres, plus éclairés, ont enseigné souvent

Que pendant le sommeil l'homme n'est point vivant.

Or, c'est par ce moyen que tu peui satisfaire

Et ta religion et ta juste colère.

Fais mourir Ibrahim lorsque tu dormiras ;

Tu sauves ton serment, et tu te vengeras.

Vers 4.")0. — Nous avons dans nos notes donné une mauvaise interprétation de cet hémistiche :

dont j'étais prévenue ;

le mot prévenu n'a jamais dans Racine le sens que nous lui avons attribué ; Ériphile veut dire : de tant de grandeurs dont je m'enorgueillissais à l'avance.

Vers 476. — Luneau de Boisjermain ne peut admettre cette

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passion subite d'Éripliile ; il rappelle qu'An dromaque, ayant vu Pyrrhus entrer à la lueur des palais brûlants, n'a conçu pour lui que de l'horreur. Luneau n'a pas réfléclii que Pyrrhus est le fils du meurtrier d'Hector, le meurtrier de Priam, etc., tandis qu'Ériphile ne reproche à Achille la mort d'aucun des siens.

V'ers 631. — « Il nous semble qu'Arcas fait ici une faute bien considérable ; que, n'ayant point rencontré la reine et sa fille, il n'aurait point dû remettre à GJytemnestre le billet que lui avait confié Agamemnon sans prendre de nouveaux ordres de son maître. On voit un peu trop la nécessité où s'est trouvé Racine de lui faire commettre cette indiscrétion. » (Luneau de Boisjermain.)

Vers 782. — * Je l'attends a quelque chose de cruel dans la bouche d'Agamemnon; on l'attend serait plus générique et formerait un sens moins dur et moins révoltant. » (Luneau de Boisjermain.)

Vers 876. — Souvenir d'un passage du P/'O Marcello de Cicéron : « Homines ad deos nuUa re propius accedunt quam salutem hominibus dando. »

Vers 906. — Racine, comme le remarque son fils, imite ici Virgile [Enéide, II, 154-157) :

Vos, œterni ignés, et non violabile vesfrum Tester numen, ait ; vos, ar», ensesque nefandi, Quos fugi ; vittaeiue Deum, quas hostia gessi : Fas mihi Graioium sacrata resolvere jura.

Vers 1144. — « C'est ici que le défaut de l'e'pisode d'Ériphile se fait principalement remarquer. Cette scène, à la vérité, était nécessaire pour développer le caractère jaloux et forcené de cette princesse, et indiquer le dénouement ; mais elle refroidit l'âme du spectateur, elle coupe la marche de la pièce. » (Luneau de BoisjEnuAiN.) Cette scène n'est pas inutile ; elle prépare et annonce la dénonciation d'Ériphile.

Vers 1221. — « Le principal reproche qu'on ait fait à Racine, c'est de n'avoir point motivé la colère des dieux. On a prétendu avec justice qu'un père ne peut pas, sans les raisons les plus puissantes, se déterminer à immoler sa fille. Le plan que Racine s'était tracé rendit sa faute nécessaire ; son dessein étant de faire tomber sur Ériphile l'explication de l'oracle, il aurait été injuste de faire supporter à cette princesse la peine d'un crime commis par Agamemnon. Ainsi le rôle d'Ériphile, qui est lui-môme une faute, fut la cause de cette imperfection. » (Luneau de Boisjermain.)

Vers 1288. — C'est Ménélas qui disait à Agamemnon dans l'/^./u'géiiie de Rotrou (II, ix) :

Mais la perte, en effet, que vous plaigniez dans l'âme, Était de votre rang, et non pas de ma femme. C'est de votre intérêt que vous êtes jaloux, Et d'inclination vous ne servez que vous.

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