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ACTE II, SCÈNE V

ATALIDE

Non, Seigneur. Vos bontés pour une infortunée

Ont assez disputé* contre la deslinée.

11 vous en coûte trop pour vouloir m'épargnor '.

Il faut vous rendre : il faut me quitter, et régner '•'. 680

Vous quitter?

ATALIDE

Je le veux. Je me suis consultée.

De mille soins jaloux jusqu'alors agitée, 11 est vrai, je n'ai pu concevoir sans effroi Que Bajazet pût vivre et n'être plus à moi *; Et lorsque quelquefois de ma rivale heureuse 685

Je me représentais l'image douloureuse".

Votre mort (pardonnez aux fureurs des amants) \e me paraissait pas le plus grand des tourments *. Mais à mes tristes yeux votre mort préparée Dans toute son horreur ne s'était pas montrée : 690

Je ne vous voyais pas, ainsi que je vous vois, Prêt à me dire adieu pour la dernière fois. Seigneur, je sais trop bien avec quelle constance Vous allez de la mort affronter la présence ; Je sais que voire cœur se fait quelques plaisirs 693

De me prouver sa foi dans ses derniers soupii's. Mais, hélas ! épargnez une âme plus timide; Mesurez vos malheurs aux forces d'Atalide; Et ne m'exposez point aux plus vives douleurs

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