‹ theatre complet les amants de sazyChapitre 28 sur 64 · SCÈNE X SAZY puis GORGERON · texte numérisé non relu

SCÈNE X SAZY puis GORGERON

SAZY

Enfib! — Le lâche! Ce qu'il abuse de son sourira qui ne vmit peut-être rien dire et de sa tranquillité feinte, tandis que moi, je suis assez stupide pour laisser éclater aia colère et mon dé{Ht... (£fannée.) Mon dépit!

Corgeron revient par le fond.

CORGERON

On a exécuté vos ordres, Sazy. Votre amî des Sornettes cuve sa rage à domicile. Il en a pour vingt-quatre heures avant de se remettre.

SAZY

Tant mieux! Et d'un. Quant à Tautre, je viens de le flanquer à la porte.

GORGERON Qui ça, Santicrne?

SAZY

Lui-même, avec tous les honneurs dus à son rang.

GORGERON, éiofltlé

Qu*e^t-ce q^i'il vous avait fait* Sa^y?

SAZY Il m'a manqué.

GORGERON

Ce n'est pas le premier...

SAZY

Hein! *

GORGERON, $e reprenant

Je veux dire, ça n*est pas la première fois. Il s'est cru encore en ces banps heureux où...

SAZY

G>mment, c'est vous qui allez le défendre maintenant?

CORGERON

Non, certes. Mais, plus qu'tm autre, il a droit à des circonstances attenuastes. 'De sa part, ce n'est peut-être qu'un aïoneiit «d*ouUi...

SAZY

Justement, il s*est oublié.

GORGERON

Qu'une méprise... Ejifinl...

SAZY

Où voulez-vous en venir?

GORGERON

A ceci : j'éprouve une vive contrariété à voir partir ce garçon : d'abord son sort m'inquiète réellement; je ne sais trop ce qu'il va devenir. Et puis, vous Tavouerai-je, je le trouve très intelligent.

Trop. Il en est gênant.

GORGEROK

Tant pis. Il me revenait fort. J'avais (Saisir k causer avec lui.

SAZY

Plus qu'avec moi, dite94e tout de suite I

GORGERON, dhifuitemeni Oui.

SAZY.

HeinI

GORGERON, se reprenant

Non, non! c'était autre chose. Enfin il est instruit et cultivé; Jack aurait beaucoup ^agno sous sa direction; le pauvre gamin va être consterné; il adorait son San-San.

SAZY

Je m« charge de le diconstcmer. Je l'emmènerai ta

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voyage s* il le faut; et si rien ne réussit, s*il me fait une tête trop tête, je le renverrai à maman. Ah! mais!

GORGERON

Et allez donc! Vous êtes aujourd'hui dans un de vos jours ottomans; vous nous feriez tous décapiter «et jeter au Bosphore dans des sacâ!

SAZY

Oui, je suis comme cela, qu*on le sache!

GORGERON

Quand vous en serez réduite à la société de des Bornettes et à la mienne, ce sera folâtre.

SAZY

J*aime mieux jeûner que de manger d'un plat indigeste.

GORGERON

Il vous restera aussi, il est vrai, Thomme des pneus, mon commandité; mais celui-là, n'est-ce pas, est forcé* ment intermittent.

SAZY

Oh! celui-là! — Ce n'est d'ailleurs qu'un ami, un .ami d'enfance.

GORGERON

Ouais! Si vous pouviez savoir à quel point ça m'est égal!

SAZY

Ah! vraiment?

GORGERON

Oui. vraiment; je n'en veux qu'à des Bomettes parce que celui-là me donne de petits coups d'q>aule sournois

pour me faire tomber dans le fossé et prendre ma place. Ça, j*avoue, ça, je n*aime pas...

SAZY

Moi non plus. Vous savez, je vous préfère mille fois à ce nigaud; vous êtes plus vieux, mais combien plus drôle! Vivez le plus longtemps que vous pourrez mon cher; ça me fera plaisir.

GORGERON

Et à moi donc!

SAZY

Et puis vous ne m'aimez pas, vous, au moins; c'est encore une circonstance atténuante.

GORGERON

Tandis que lui...

SAZY, levant les bras au ciel Dieu, le rasoir!

GORGERON, posément

Alors Sazy, je ne vous comprends plus. Vous détestez des Bornettes et vous allez lui faire l'inmiense plaisir de lui sacrifier Santierne, sa bete noire, son rival, son censeur, son pire ermemi. Ce n'est pas fort, permettez^ moi de vous le faire respectueusement observer.

SAZY, rêveusement En effet!

GORGERON

La fréquentation forcée de cet homme qu*il considère presque conune un domestique le froisse; sa liberté de langage avec vous le désole; le tutoiement surtout l'horripile; la pensée que vous avez été sa maîtresse l'exaspère; ça ne vous suffit donc pas?

SAZY, même /eu Si! Si! je n'avais pas p^nsé à tout cela.

GORGERON

Ajoutez-y naa prière qui est pressante et les doléances de Jack qui seront diluviennes.

SAZY

En eSet! En effet! Et puis il y a aussi cela que je l'aime beaucoup malgré tout.

GORGERON

Oui, il y a aussi cela que vous Taimez beaucoup malgré tout, plus peut-être que vous ne pensez sans doute.

SAZY Peut-être bien.

SCËNE XI Les MÊMES, JACK

Zizi, ça a été épatant, la ballade! Tu sais, j*ai conduit. {A Corgeron.) Non, toi, laisse-moi.

SAZY

Et Fanny? '

JACK

Elle n'a pas voulu venir parce qu'elle était grise de p»oussière.

Saz^ remonte rêveusement.

GORGERON

Jack» écoute; j*ai,uiie bonne nouvelle à t'annoncer...

JACK, 5e houàiani les oreilles

LaÎMe-moi, je ne veux pas t'écouter; tu entends, je n'écoute pas.

GORGERON, criant

Tu ne travailleras plus; San-San va partir; tu pourras jouer tout le temps.

JACK, inierdit

Ce n'est pas vrai! Tu mens! Cest encore pour me faire de la peine que tu me dis ça! San-San partir! Eh bien! il ne manquerait plus que çal Ce n*est pas vrai!

GORGERON

Je te jure que si!

JACK, criant San-San ! San-San !

SANTIERNE, de la coulisse Jackr

JACK C'est vrai que tu t'en vas, dis, San-San?

SANTIERNE Oui, mon petit Jack.

JACK

Mais, pas pour toujours, dis, pas pour toujours.

Saz\) redescend.

SANTIERNE Si, pour toujours.

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JACK, éclatant en larmes

Je ne veux pas, ZIzi, je ne veux pasi empêche-le de partir I Je t*en prie, je t*aimerai tanti C*est encore lui sûrement qui renvoie San-San pour me chagriner. Empêche-le, Zizi, je t'en prie; je serai si malheureux s*il s'en . va.

SAZY, le prenant dans ses bras C'e^t vrai, mon pauvre petit?

JACK

Ohl oui! Ohl ouil

SAZY

Ehl bieni Remets-toi; va, je te promets qu'il ne partira pas. Je le garde, pour te faire plaisir. Mais tu m'aimeras bien aussi, moi, n'est-ce pas?

JACK Tout plein, tout groe.

GORGERON Et moi?

JACK

Toil Ah non, par exemple I jamais, jamais...

GORGERON

Même si je te fais riche comme le monde?

JACK Après, alors, après seulement!

SAZY

Mon ami, éloignez Jack quelques instants, voulezvous? Jack, va avec ton parrain; il a quelque chose à te dire qui te fera un gros pUisi^^.

JACK», soupçonneux Quoi encore?

SAZY

■••m •••■«•« — — — «(P— »—<»••— —— ■— M ^^ ■ ■ ■■ Jlf^aM—i %■»<

Tu verras! lu verra»! C'est plus agréable que tout.

JACK

San-San ne s'en ira pas pendant ce temps-là» tu me le jures?

SAZY

Je te le jure!

JACK

Fais attention! S'il partait, j'en ferais une maladie et j*en mourrais.

// se sauve dans le jaTdin.

GORGERON, le suivant

Et l'on s'étonne après cela que les hommes claquent de passion! Il faut n'avoir pas vu les enfants que furent ces hommes. Allons, Jack. Cette fois, je veux me réconcilier avec toi.

// rappelle et sorl.

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