SCENE VU Les mêmes, SYLVAIN
SYLVAIN, très sautillant, à Clotilde
Je ne suis pas indiscret, au moins? Je passais devant ta porte; je suis monté à tout hasard. Le hasard m'a bien servi.
CLOTILDE, servant
Il te servira même du thé, si le cœur t'en dit.
SYLVAIN
Le cœur se tait, mais l'estomac accepte. {A Lucienne.) Bonjour, chère madame. Comme il y a longtemps qu'on ne s'était vus!
LUCIENNE Des siècles I
m CŒUR A CŒUR
SYLVAIN
Vous avez donc des centaines d*anhées de moins! Comment faites-vous?
// regarde de tous côtés.
CLOTILDE Qu'est-ce que tu cherches?
SYLVAIN Du citron. Je voudrais une rondelle de citron.
CLOTILDE Avec du lait?
SYLVAIN
Quelle hérésie! Pas de lait! Pas la moindre gouttelette !
CLOTILDE, remontant à Sy^lvain
^ C'est bien. Je vais te faire envoyer tout un citronnier. {A Lucienne») Excuse-moi, un coup de téléphone à donner. Je reviens tout de suite. {A Sylvain,) Tâche de ne pas trop ennuyer Lucienne pendant ce temps-là. {A Lu» cienne.) Tu sais» ce garçon n*est pas désagréable quand on n*en abuse pas.
LUCIENNE, riant
Mais je n'ai pas la moindre intention d'abuser de ton frère.
SYLVAIN Je le regrette.
CLOTILDE
Il ne faut pas le prendre à l'heure. Comme les taxis, il est un peu cher; mais à la course, il n*««t pas désavantageux.
CCEUR A CŒUR 1Ô9
SYLVAIN
Charmant! Je crois que i*ai mon compte, moi, pourboire compris. (// mange des petits fours.) N'oublie pas mon citron surtout, sœur sarcastique.
CLOTILDE Sois tranquille, frère intermittent.
Elle sort.