‹ theatre complet les amants de sazyChapitre 48 sur 64 · SCÈNE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIERE

HELLOUIN. DORÉ. LUCIENNE

Au lever du rideau, Lucienne, en déshabillé, e&t étendue sur sa chaise longue, Hellouin et Doré prennent le café.

LUCIENNE, avec contrainte

Je vous remercie, monsieur Doré, d*avoir consenti à venir prendre le café dans mes appartements.

DORÉ

C*est au contraire, moi, chère madame, qui vous suis reconnaissant de m*avoir jugé digne d'une pareille faveur. Car enfin, pour la première fois que vous me recevez..»

LUCIENNE, se forçant à être aimable

Vous êtes un ancien camarade de mon mari. C'est ce qui excuse mon sans-gêne. Je n'étais pas assez vaillante aujourd'hui pour vous faire les honneurs de mon chez moi en vraie maîtresse de maison. Ce sera pour une autre fois.

HELLOUIN

Prochaine, n'est-ce pas?

DORÉ Vous êtes mille fois aimables tous les deux.

HELLOUIN

Ma femme est ravie d'avoir fait ta connaissance, mon vieux Doré; nous espérons t'avoir souvent; n'est-ce pas Lucienne }

LUCIENNE

Mais certainement.

DORÉ

Tant que vous voudrez. Je suis trop coijtent d'avoir retrouvé un vieil ami comme Hellouin. Il n'a pas changé depuis Condorcct, lui, tandis que moi...

HELLOUIN, se levant

Toi, tu es indécent de jeunesse. Ma petite Lucienne, nous allons te laisser. Doré et moi; nous sommes d'abominables fumeurs et nous ne voudrions pas t'incommodcr.

LUCIENNE

Restez, je vous en prie. D'ailleurs, vous ne me gênerez pas beaucoup; j'ai une lettre urgente à écrire; je vais aller dans ton bureau. Pendant ce temps-là, vous pourrez évoquer tant qu'il vous plaira Ica souvenirs du collège.

CŒUR A CCËUR 219

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HELLOUÎN

Du lycée. Condorcet est un lycée. S'il savait que tu le traites de collège!... Eh bien, soit! On t'obéit. On reste tes prisonniers; tu trouveras sur mon bureau tout ce dont tu pourras avoir besoin. Ne sois pas trop longue tout de même. Je connais Doré, ce vieux Doré. (// lui serre les mains,) Avec son air bonhomme, il est très susceptible. Si tu tardais, il s'imaginerait que tu lui en veux, qu'il t'a déplu, que sais-je? ou encore que c'est moi qui te cache, que je me méfie de lui, que je suis le sinistre jaloux; et, comme il a un sale caractère, il serait capable de m'en vouloir et de ne plus remettre les pieds ici.

C'est vrai?

Presque.

DORE

LUCIENNE

Oh! alors, je me dépêche. Je serais désespérée d'être l'occasion d'un malentendu entre deux camarades- qui ' viennent de se retrouver après tant d'années de séparation. Un quart d'heure? Vous m'accordez bien un quart d'heure?

HELLOUIN

Huml... C'est beaucoup. Enfin, pour cette fois... {A Doré.) Tu consens?

DORÉ

Moi, j'accorde tout. Je ne suis pas le mari et je ne voudrais pas déjà être suspect.

LUCIENNE A la bonne heure! A tout à l'heure, monsieur Doré,

DORÉ

A tout à l'heure, chère madame. {A Hdlcuin qui lui oSrc un cigare.) Merci, mon cher.

LUCIENNE

Tenez» voilà des cendriers. Ah! Je vous recommande ce vieux marc. Videz le carafon, mais ne dites pas trop de mal de moi tous les deux.

Elle sort avec un sourire contraint Hellouin la suiU ci va s*asswer que la porte Je la seconde pièce est fermée.

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