‹ theatre complet les amants de sazyChapitre 49 sur 64 · SCÈNE II HELLOUIN, DORÉ · texte numérisé non relu

SCÈNE II HELLOUIN, DORÉ

HELLOUIN, prenant tes mains de Doré

Merci! Elle ne s*est doutée de rien. Docteur, vous me voyez tout confus de ma familiarité et un peu honteux de la comédie que je vous ai forcé à jouer. Excusez** moi encore.

DORÉ

Voyons, puisque c'est moi-même...

HELLOUIN

Qui me l'avez proposée? Oui, sans doute. Mais je suis tout de même très gêné. Ce tutoiement...

DORÉ Nous finirons par nous y faire, vous verrez...

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HELLOUIN

II nV avait pas cl*autre moyen, jt vous jure* EUk ne voulait à aucun prix «e laisser approcher par un médecin. C'est une enfant gâtée, et jamais elle n'aurait consenti à vous recevoir si elle avait su...

DORÉ

Je connais ce genre de malades.

HELLOUIN

Evidemment, vous n*avez pas pu Texaminer comme il aurait fallu; mais au moins vous avez pu Tobserver à son insu... Vous avez une telle habitude des nerveuses que cela vous a peut<4tre suffi pour vous faire une opinion. Je suis impatient et an;!iieu3i...

DORE

Je vous répondrai tout à Thcurc, cher monsieur Hcllouin. Il est indispensable, d'abord, que je vous pose quelques questions. Ce matin, je n'ai pas eu le temps. Vous pi'aTez littéralement enlevé.

HJEiLLOUIN J'étais aâolé. Je réclame toute votre indulgence.

DORE

VQyQn$*.s. Bien entendu, vous ne répondrez qu'à celles de me$ questions qui n^ vous paraîtront pa» indiscrètes.

HELLOUrN

Je Fép<Midpai à toutes. Pour arriver, grâce à vous, à h vérité qui m'échappe, je mettrai à votre dispositicH) tenle la yérkê que je sais.

222 àŒUR A CŒUR

Dites-moi cher monsieur Hellouin, vous aimez beaucoup votre femme?

HELLOUIN

Passiomiément, docteur. Ou plutôt non, imiquement. Elle est toute ma vie et toute ma raison de vivre. Son bonheur a toujours été ma constante, ma seule préoccupation.

DORÉ

Bien. Depuis combien de temps êtes-vous mariés?

HELLOUIN Depuis six ans.

DORÉ

Dites-moi. Quand avez- vous commencé à être inquiet de la santé de M"* Hellouin?

HELLOUIN

Il y a deux ans. Inquiet, c'est trop dire. Préoccupé serait plus exact. Il y a deux ans, Lucienne, qui était gaie, expansive, est peu à peu devenue renfermée, taciturne. Elle a pris le monde en horreur et, tout un hiver, nous n'avons pas quitté nos chenets.

DORt Après?

HELLOUIN

L'été qui suivit, c'est-à-dire l'été dernier, elle a consenti, conmie tous les ans, d'ailleurs, à passer les mois de juillet et d'août à la campagne, chez des amis intimes de nos deux familles, les Morain. Je dois vous dire tout de suite que M"* Morain est la meilleure et la plus intime amie de ma femme. Là, est-ce l'action bienfaisante du repos, des arbres, de la verdure? Est-ce le plaisir que Lucienne a éprouvé à vivre aux Cha-

CCEUR A CŒUR 223

blettes, dans un milieu agréable? Je Tignorc. Toujours e$tril que ce séjour a transformé ma femme; elle y a retrouvé et repris son caractère ancien; elle est redevenuc enjouée, dispose, d'humeur charmante. Je rayonnais. Je Tai cru guérie.

DORÉ

Vous Tavez crue guérie jusqu'à hier?

HELLOUIN, à mi^Voix Oui, jusqu'à cette nuit.

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