SCENE VU MADAME SALANZY. SAZY
SAZY
Bonjour, maman.
MADAME SALANZY, froidement Bonjour, Sazy.
SAZY
Quel bon vent vous amène ? Je ne vous espérais plut do Tannée.
LÉS AMANtS bE SA^Y ii
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MADAME SALANZY, léger accent anglais.
Vpm 99v$z biçnf 3azy, <]|\ie je suis tr^ occupée et
3 VIS ré4v<»ti09 de Jli<i, voua frèrct mp prend le meilleur f moQ tempt-
Je sais; mais, tout de mtmc, vous ne vous préoccupez guère de votre iHlt> Ne m'aimeriez-vous plus du tout ?
MAPAME SALAf^yv-
Je vous aime comme il convient, Sazy.
C'est-à-dire comme il eonvient d'aimer une fille... que rpn n'estime pas^
MADAME «ALANJtY
Si vous votil#z.
Il faut donc que je me contente de cette toute petite rente d'affection.
MAOAME 3ALAN?;y Vous n'êtes pas exigeante. Sazy.
qUft if foi»-
MADAME SALAN»
Vous savez, S^zy, qijc J'aurais tout à fait renoncé à tt)us voir,\si je n'avais conservé l'espoir de vous arraeher quelque jour à la vie de dissipation que vous menez.
SAZY
Je sais. Ecoutez, maman» je vous aime bien, mais là. non; je connais par cœur tout ce que vous pouvez sortir là-dessus. Vous êtes rigoriste, moraliste, salutiste, toute une liste de choses en iste; je respecte vos convictions; mais, je vous en supplie, ne vous occupez désormais que de votre salut; le mien, je m'en charge.
MADAME SALANZY
Oui, vous vous en chargez; car ce sera un terrible fardeau pour vos épaules, malheureuse enfant I
SAZY
Eh bien, tant pis, je serai belle joueuse; si je perds la partie, je paierai; mais les prêches, faites-m*en grâce» je vous en supplie; venez me voir pour me voir, pour m*embras8er, pour me donner des nouvelles de Jack* pour me l'amener. Mais laissez-moi pourrir en paix* pour l'amour de votre Dieu!
MADAME SALANZY
C'est bien, je vous laisse dans votre boue.
SAZY
Je vous en prie. Il fait bon, chaud et j'y suis habituée. Mais laissons cela.^ Votre visite avait sans doute un autre but ?
MADAME SALANZY
En effet Vous savez que j'aimerais mieux, en ce qui me concerne, mourir de faim que d'accepter de vous !e plus petit secours; l'origine de votre fortune est impure et à jamais touillée.
Je le sais même par cœur depuis le temps que rom me le dites.
MADAME SALANZY
Mais je me suis demandé si favais le droit de priver Jack» votre frère, de vos..» libéralités; comme je suis dans Timpossibilité de mener à bonne fin, toute seule, réducation de ce garçon qui devient difficile, j*ai pensé qu'il serait de son intérêt d*aller au collège trois ans en Angleterre et trois ans en Italie. N*e8t-ce point votre avis?
SAZY
Cela me paratt assez sage; mais j'ai si peu de comr pétence dans ces questions I
MADAME SALANZY
L'ennui est que je ne possède pas de quoi lui assurer ces six années de séjour |i l'étranger.
SAZY
Combien faudrait-il ?
MADAME SALANZY
A peu près quatre mille francs par an. Trois milU francs au directeur du collège où il serait interné: mille francs d'argent de poche et de menus frais.
SAZY
Je vous les garantis; je vais faire écrire en Angleterre; vous pourrez y expédier Jack quand il vous plaira.
MADAME SALANZY
Je VOUS remercie pour lui.
Il n'y a pas de quoi. Eln tout cas, il peut bien venir me remercier lui-même. J*espère que vous consentirez à me l'envoyer ayant son départ
MADAIIK fiALANZY
Il viendra* comme il le doit* vous faire tes adieux «t vous remercier. Toutefois Je vous serais reconnaissante de Tembrasser le plus vite que vous pourrez.
SAZY
Je l'embrasserai de tout mon cœur, comme je Taime, ma mèroi
MADAME SALANZY
Cest bieni (Se l^anL) Au revoir, Sazy.
SAZY
Au revoir, maman. {Un temps*) Et vous, vous ne voulez pas m'embrasser >
MADAME SALANZY Excusez^moi.
Je vous excuse et je vous plains. Ahl elle est jolie, votre religion I C'est elle sans doute qui vous conseille la sécheresse de cœur, le manque d'indulgence, de pitié et de bonté. Et vous, si vous m'aviez un peu gâtée quand j'étais petite, si vous m'aviez un peu choyée, croyez-vous que j'en serais où j'en suis! Allons I tout de même, grâce à mon heureuse inconduite, nous ferons peut-être de Jack un gentleman accompli.
Elle sonne.
MADAME £ALANZY
Les voies du Seigneur sont impénétrables.
SAZY
N'y pénétrons pas, voulez- vous... A bientôt, j'espère! {A François.) Reconduisez madame Salanzy et faites entrer le vicomte des Sornettes. {Seule, regardant la porte par où est sortie sa mère,) Admirable I„.