‹ Théatre completChapitre 1 sur 407 · LAPLACE, SANCHEZ ET C». LIBRAIRES- ÉDITEURS · texte numérisé non relu

LAPLACE, SANCHEZ ET C». LIBRAIRES- ÉDITEURS

3, ROI StODISfi, 3

SGARRON

d'après des documents nouveaux ou inédits

Il ii*est pas, je crois, de physionomie plus singulière que celle de Scarron, ni d*existence qui puisse fe comparer à la sienne pour la philosophie infaligable ef folle dans la pauvreté et la douleur, et pour les souffrances prises en galté : « C'est, disait son contemporain DesRéaux *, c'est peut-être une des merveilles de notre siècle, qu'un homme en cest estât là, et pauvre, puisse rire, comme il fait. »

Depuis Tâge de vingt-huit ans, après avoir été plus que personne fringant et leste, il passa ses longues journées et ses interminables nuits à se moquer du mal qui lui tordait tes membres, et qu'il ne pouvait vaincre; et, par un autre effort de cette même gaité, à prendre sa revanche contre ce qui est beau, en le ramenant parodié et moqué au moule de sa propre difformité, en le déformant à son image.

Son mariage même avec Françoise d'Âubigné, qui, veuve de ce (c cul-de-jatte, » comme lui-même s'appelait*, devint la seconde femme du grand Roi, et reine anonyme de France, ajoute encore, par le contraste, je ne sais quelle singularité posthume à l'histoire du burlesque parodiste.

11 naquit àParis,sans qu'on ait su longtemps dans quel quartier, quelle année et.quel jour. M. Jules Ravenel ' le découvrit le premier dans les registres de Saint-Sulpice. Scarron y avait été baptisé le 4 juillet 1610. Sa mère, dont je ne vois pas qu'il ait jamais parlé dans ses œuvres, s'appelait Anne Goguet^. Son père, Paul Scarron, qui voulut lui donner son prénom, était d'une très bonne famille, originaire du Piémont, d'où elle était venue à

Page 1