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H VIE DE SCARRON

Paris, après un premier établissement à Lyon. Elle se partageait en plusieurs branches, celle entre autres des Scarron de Vaujours, de laquelle descendait la maréchale d'Aumont, murte en 1691 ^; et celle de nos Scarron, qui avait son importance dans la robe et dans le clergé* Pierre Scarron, très proche parent du poète, fut, par exemple, 6véquu de Grenoble, après avoir été conseiller au Parlement.

Paul acheta une charge du même genre. En 1598, peu de temps après son mariage avec Anne Goguet, dont la dot n'y fut sans doute pas inutile, nous le voyons conseiller à la grand*- Ghambre. Sa femme, qui ne lui avait pas donné moins de huit enfants, dont trois seulement survécurent : Paul, notre poète, et ses deux, sœurs Anne et Françoise, mourut le 10 septembre 1613.

Il se remaria, sans beaucoup attendre , à Françoise de Plaix , fille de Claude de Plaix, sieur de Rosny, qui ne tarda pas à le rendre père, au grand détriment, comme on le verra, des enfants du premier lit.

Ge fut une belle-mère dans toute Pâpreté du mot, une mégère d'avidité et de ladrerie, que le pauvre conseiller laissa faire contre les aînés de ses enfants et contre lui-même. Elle s'empara si complètement de tout le bien, qu'il arriva à ne plus savoir ce qu'il possédait. Un jour qu'elle était assex gravement malade pour qu'on pût croire qu'elle n'en reviendrait pas, il la supplia de lui laisser au moins après sa mort une pension de six cents livres^; or, lorsqu'il mourut lui-même, il n'y avait pas dans ce ménage moins de vingt mille livres de rente ^, dont la plus grande partie était de son chef!

Quand TallemantDesRéaux^ a dit de lui : « c'éloit un original que ce bonhomme, » on voit qu'il ne se trompait pas. Son fils, auquel il fit grand tort par sa faiblesse, le traitait tout aussi franchement, quitte ensuite à tout oublier et à lui faire obtenir au besoin, comme on le verra, Taide de ses protecteurs t

a Tout le monde, fait^l dire à sonavocatdans un Fac<umcontre sa belle-mère avec laquelle il eut si longtemps à plaider, tout le monde sait que le bonhomme Scarron a vécu toute sa vie en philosophe, et, si Ton veut, en philosophe cynique. Il fut le meilleur homme du monde, et non pas le meilleur père envers ses enfants du premier lit. »

La philosophie de ce cynique se tempérait de religion. Il ne jurait que par son patron saint Paul, et ne parlait qu'ayant aux

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