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LE PRÉVÔT, LE COMTE, DON PÈDRE

LE PREVOT

Monsieur, à la requête Du seigneur doû Félix, avec regret j'arrête Un homme comme vous.

LE COMTE

Moi! m'arrôter! comment?

Et pourquoi ?

LE PRÉVÔT

C'est, monsieur, pour un enlèvement.

D. PEDRE.

J*en ai de déplaisir plus que vousTàme atteinte : Mais comment a-t-il pu faire sitôt sa plainte?

LE PRÉVÔT

Avant que de venir il avait obtenu Le décret. Vous savez à quoi je suis tenu : Si d'ailleurs je pouvais par quelque bon office Qui dépendît de moi, vous rendre du service ; Car sur moi vous avez un absolu pouvoir.

LE COMTE

Monsieur, vous avez fait en tout votre devoir, Laissez-nous ici seuls, et qu'on sache à la porte Que je n'empêche point que don Pèdre ne sorte.

LE PRÉVÔT

L'ordre est déjà donné.

LE COMTE

' Laissez-nous donc ici.

Le prévôt s'en ya.

D. PÈDRE

Je suis fâché de voir que l'on vous traite ainsi ; Mais fiej-vous à moi, je vous donne parole De vous faire passer au travers de la geôle. Sans que d'aucun geôlier vous soyez arrêté.

LE COMTE

Je me croirais par vous comme ressuscité :

Car enfin je me meurs de regret et de honte,

De ce qu'on peut penser que je fais peu de compte

De garder ma parole, alors que j'ai promis.

Moi, qui la sais garder même à mes ennemis.

Je me bats aujourd'hui, puisqu'il vous faut tout dire,

Et dans une heure ou deux, tout au plus tard, expire

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