SCÈNE III LÉONORE ET BÉATRIX voilées, DON DIÈGUE, FILIPIN
LÈONORE.
C'est comme je le veux.
Elle a fort bonne mine.
FILIPIN.
La putain de servante a guigné Roquespine.
LÉONORE
Monsieur, pour un sujet que vous allez savoir, Faites sortir vos gens.
Vous vous ferez donc voir?
LÉONORE
Vous n'en serez pas mieux lorsque vous m'aurez vue.
FILIPIN.
La dame qui se cache est ou vieille ou barbue.
Pour être ainsi, madame a trop bonne façon; Mais sitôt qu'on se cache on donne du soupçon*
FILIPIN.
Et vous qui paraissez être la demoiselle
De cette demoiselle, ou vous n'êtes pas belle,
Ou j'ose bien gager que vous ne valez rien.
Puisque vous vous cachez aux yeux des gens de bien.
BÉATRIX
Et vous plaisant, ou fou de monsieur votre maître, Muletier ou laquais, car tout cela peut être. Je gage bien plutôt que vous ne valez rien, Puisque vous tourmentez ainsi les gens de bien.
FiLipm.
Il n'a pas mal parlé ce visage de crêpe. 0 beauté ! qui m'avez piqué comme une guêpe, Daignez me recevoir pour votre humble frelon : Quoique laquais, je suis favori d'Apollon.
LÉOÎîORE.
Sortons, sortons d'ici : don Diègue et sa suite Devaient mieux recevoir ma première visite.
Ah I madame, arrêtez : don Diègue fera.
N'en doutez nullement, tout ce qu'il vous plaira.
LÉONORE
Commandez donc, monsieur, encor un coup, qu'ils sortent, Et vous saurez de moi choses qui vous importent.
FILIPIN.
Adieu, belle inconnue.
BJÉÂTRtX.
Adieu, vilain connu.
FILIPIN é
AdieUj vieille suivante.
BÉATRIX
Adieu, laquais chenu.