‹ Théatre completChapitre 137 sur 407 · ACTE III , SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE III , SCENE II

Vouloir être mon maître, est-ce vouloir me plaire ? Vous m'aimez, don Diègue, au moins le dites-vous : J'aime bien don Diègue, et crains fort un époux. Vous n'avez point de bien, j'aime fort la dépense. Jugez par ce discours de tout ce que je pense.

Vous refusez un bien si longtemps attendu ?

Osez-vous vous en plaindre et vous était-il dû?

Oh I que vous cachiez bien votre âme intéressée !

HÉLÈNE

Oh ! qu'en vous épousant je serais insensée I

Je ne le pouvais croire alors qu'on me l'apprit, Que vous aimiez lé bien.

HÉLÈNE

C'est avoir de l'esprit.

Vous en avez beaucoup, mais bien plus d'avarice. Oh ! que mon beau cousin, frais venu de Galice, Serait bien votre fait, tout mal bâti qu'il est !

HÉLÈNE

Vous pensez vous railler, s'il est riche, il me plaît.

Et ne craignez-vous point de passer pour infâme?

HÉLÈNE

Non, mais je crains bien fort de me voir votre femme.

Je me verrais venger par vous-même de vous, Si mon sot de cousin devenait votre époux.

S'il n'est pas, comme vous, accablé de misère, Et non pas, comme vous, d une âme peu sincère, Je ne le cèle point, je l'aimerai bien mieux Qu'un incivil, un brave, un pauvre, un glorieux.

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