‹ Théatre completChapitre 160 sur 407 · ACTE V, SCBNB V · texte numérisé non relu

ACTE V, SCBNB V

Le conseil est fort bon, la coDnais-je?

BÉATRIX

C'est moi.

FILIPIN.

Vade, vade retro^ Satamis, qui me tente !

Mon front ne fut jamais une table d'attente ;

Et ne portera point le mystérieux bois

Que personne ne voit, et qu'on croit toutefois.

Je ne veux point avoir un timbre de pécore :

Je ne veux point de toi, redoutable Pandore I

Moi te prendre? Ah! vraiment, c'est moi G[ui serais pris.

Et pour qui me prends-tu, maudite Béatrix?

Tu me crois aussi sot que Mendoce, mon maître.

Moi, j'aurais des enfants et leur mère à repaître?

Si je suis sans enfant, on dira c'est un sot;

Et si j'en fais enfin, ou quelque autre marmot,

J'aurai neuf mois durant une femme ventrue,

Je l'entendrai hurler comme un pourceau qu'on tue;

Quand elle mettra bas cet enfant tout mouillé.

Non sans avoir longtemps en son ventre fouillé :

Une sotte dira, c'est le portrait du père ;

Une autre, il a les yeux et le nez de la mère :

Puis il faudra baiser un fils qui sentira

Le ventre de la mère, et ce ventre puera.

Il me faudra souffrir une sotte nourrice,

Un enfant oui toujours, ou crie, ou tette, ou pisse:

Me relever la nuit, pour le faire bercer :

Et cela, tous les ans c'est à recommencer :

Avoir tous les matins à prier quelque peine

De me voir bientôt veuf par une mort soudaine.

Au lieu qu'ayant l'esprit content et satisfait.

Lé front comme d'abord le bon Dieu me l'a fait.

Je vais, je viens, je dors, je ris, je bois, je mange,

Je fais ce que je veux, sans qu'on le trouve étrange.

La chose est arrêtée, il n'y faut plus penser:

Si mes yeux t'ont fait mal, va te faire panser.

Il vent s'en aller, elle le retient.

BÉATRIX

Arrête, Filipîn, que je te désabuse.

Moi t'épouser, crois- tu que je sois assez buse

Pour mettre à mes côtés un pareil damoiseau?

Voyez le beau mari, voyez le bel oiseau I

Moi qui suis de galants jour et nuit recherchée.

De bourgeois, courtisans, prélats et gens d'épée;

Qui depuis quelques jours, sans quelques ennemis.

ÏB^ L'HERITIER RIDICULE.

Aurais eu pour époux un opulent commis;

Qui viens de refuser le clerc ou secrétaire

D'un riche président : gros vilaiu, va te faire

Cent fois plus honnête homme, et lors j'aviserai,

Par pitié seulement, si je t'épouserai.

J'ai reçu depuis peu deux gros poulets d'un comte;

Un duc me couche. en joue, et j'en fais peu de compte;

Un jeune abbé qui n'est ni prêtre ni demi,

S'oft're de m'épouser ou d'être mon ami,

Il me fit l'autre jour don d'une porcelaine;

Et je t'épouserais! c'est ta fièvre quartaine.

FILIPIN.

Arrête, Béatrix : elle s'en va, ma foi. Je devais bien aussi faire du quant à moi? M'a-t-elle ainsi quitté par dépit, ou par ruse? Foin, j'enrage d'avoir tout ce qu'on me refuse! Mon Dieu, que l'on est sot, alors que l'on est beau 1 Il faut que là-dessus je lui lasse un rondeau.

FIN DK l'héritier RIDICULE.

J©in)EiEir ©IIELILQSTE.

JODELET

COMÉDIE EN CINQ ACTES ET EN VERS

PERSONNAflGS

SON DIÈGDE GIBDN, fiaocéaiec Hélène, et an

DON FËLIX DE FONSËOtlE, amoureuide Ldc

DON GASPARD DE PADILLE, riDriron.amoa»

DON PÉDBO D'AVILA.

DON SAHCHE, oncle de Dorolhée.

HÉLÈNE

LUCIE

BÉATHIX , Eui'uite d'Hélène et de Lucie.

JODELET, Krïileur de don Félii.

ALPHONSE , (eniteor de àoa Diègne Giron.

Li utne e>t à Tolède.

Page 1