ACTE II, SCENE III
Je suis jaloux d'honneur autant ou plus qu*un autre. Je suis un vrai démon lorsqu'il y va du nôtre, Et lorsque d'un soufflet il m'est venu charger, Si ce n'est que j'ai vu qu'il était étranger, Je n'aurais pas tourné la chose en raillerie ; Mais pourtant j'étais prêt de me mettre en furie, S'il eût recommencé. Dieu fait tout pour le mieux; Je n'y veux plus penser.
BÉATRIX, raillaat Jodelet.
Cet homme est sérieux.
Et frappe comme un sourd : pour moi, je te conseille. Puisque si librement il donne sur l'oreille. De ne vivre avec lui qu'avec bien du respect. De ne le railler point, de l'avoir pour suspect, Alors qu'il sera près de ta chère personne. Ma foi, si brusquement sa main un soufflet donne, Que bien paisiblement ta face le reçoit. Pourquoi le raillais-tu, lui qui te caressoit? 0 mon cher Jodelet, au visage de dogue. Si tu n'avais été dans tes discours trop rogue. Ton visage charmant ne serait pas poilu; Mais tu 1 as souhaité, mais tu l'as bien voulu ; Et moi qui suis pour toi d'amour si maltraitée. J'ai vu par main d'autrui ta face souffletée. J'en ai la rage au cœur, j'en ai la larme aux yeux.
JODELET
Tu ne te tairas pas ?