ACTE II, SCENE VII
Uq homme comme vous d'entendement pourvu, Voir, parler, saluer, aimer presqu'à même heure, Injurier la mort qui trop longtemps demeure, Exagérer ses maux en termes désolés, Et cela sans savoir à qui vous en voulez? Cependant vous savez que votre mariage...
D. DIBGUE.
Tais-toi, me voyant fou, tu veux faire le sage : Je ne veux pas savoir si j'ai tort ou raison, Je ne veux j[ue savoir si tu sais sa maison. Je suis atteint d'un mal que le remède empire : Je vois bien le meilleur, mais je choisis le pire. Sache, si je fais mal, que je le sais fort bien : Suis donc mes sentiments, et ne me dis plus rien. Sais-tu bien sa maison ?
ALPHONSE
C'est dans la grande place.
D. DIÉGUB.
Bon, don Félix y loge ; il faut que je t'embrasse. Vois-tu bien mon habit?
ALPHONSE
Fort bien.
D. DIÉGUE.
Il est à toi.
ALPHONSE
Oui, mais vous l'userez avant qu'il soit sur moi.
Je te le donnerai dès demain, ou je meure.
Mène-moi donc bien vite où mon ange demeure,
Afin ju'à ses genoux j'aille lui confirmer
Que je n'ai pu la voir, sans aussitôt l'aimer.
Mais, hélas I j'ai bien peur que quelque sœur moins belle,
Ne me vienne tantôt recevoir au lieu d'elle ;
Mais certes, si je suis malheureux à ce point.
Don Diègue Giron ne se mariera point.