ACTE IV, SCENE VII
D. FELIX
Je ne sais que vous dire, Je ne l'eusse pas cru.
D. PEDRO, en s'en allaat.
Allons, allons en rire, Le péril est passé, rentrons dans la maison. Pour moi, j'excuse tout, hors une trahison.
D. FÉLIX
Mais vous dites, monsieur, qu'une autre Dorothée (Il faut bien que ce soit quelque bonne effrontée) Vous a mis dans la main la lettre que je tiens, De laquelle, il est vrai, le caractère est mien ; Mais je ne l'ai jamais écrite à pas une autre Qu'à madame Lucie.
LUCIE
Oui, cette lettre est nôtre :
Et puisque don Diègue est un traître, un trompeur, Je veux bien confesser qu'il régnait en mon cœur, Et que, pour empêcher mon prochain mariage. J'ai fait la Dorothée, et fait ce personnage Avec un tel succès, que mon père, irrité. Vous a, quoique innocent, un peu bien maltraité. La lettre vient de vous, c'est moi qui l'ai donnée. Mais que ne fait-on point quand on est forcenée? Je confesse l'avoir été pour ce trompeur. Jusqu'au point d'hasarder ma vie et mon honneur. Mais bientôt un couvent, où mon remords me voue. Vous doit venger assez d'un crime que j'avoue.
D. FÉLIX
Tout le mal vient de moi, j'en demande pardon, Je suis indigne d'elle.
D. PEDRO
Ah ! vous êtes trop bon .
Et vous, une autre fois, soyez mieux conseillée, Et profitez d'avoir été si déréglée.
Parlant à D. Félix.
Pour moi, si j'ai mal fait, on m'avait prévenu ; Mais on guérit bientôt quand le mal est connu.