SCÈNE YII
JODELET, seul.
Toi qui viens d'entrer là-dedans, Qui bats les gens malgré leurs dents,
232 JODELEt DUELLISTE.
£t m*âs frappé sans dire gare, Sais-tu ce que je te prépare ?
Je te dis charitablement, Si tu le sais, que nullement Tu n*aies à passer cette porte, Car, monseigneur Satan m'emporte.
Et je le dis d'un sens rassis, Si tu sors, si je ne t'occis.
J'enrage que je ne t'étrangle, Et j'enrage que je ne sangle Au travers de ton chien de nez Estramaçons bien assénés.
Au reste tu me peux bien croire.
Je suis tout sûr de la victoire, Car j'ai fait des provisions Pour. semblables occasions, J'ai, contre toute hémorragie, Pierre de très grande énergie ; Billet contre le coup fourré.
Coup dangereux s'il n'est paré.
Tous les jours presque je m'exerce.
Et sur la quarte et sur la tierce, Et prends en même temps leçon Pour et contre l'estramaçon ; Je suis bien sûr dans la parade ; J'ai fait forger une salade A l'épreuve du fauconneau, Dont je doublerai mon chapeau.
A l'heure même on m'accommode, (Et peut-être en viendra la mode) Une cuirasse à mon pourpoint, Qjui ne paraîtra du tout point.
Je suis nanti d'une rondache A l'épreuve du coup de hache ; Et quant à darder le poignard.
J'en fais tout ainsi que d'un dard :
D'abord que nous serons en garde.
Mon épée au corps je lui darde ; Je le saisis, et puis après.
D'un croc en jambe appris exprès, Je le renverserai sur l'herbe ; Où, comme un fléau fait sur la gerbe.
Je prétends battre sur sa peau Jusqu'à tant que j'en sois en eau.
Cartel partout j'ai beau répandre,