‹ Théatre completChapitre 230 sur 407 · ACTE II, SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VII

De grâce, don Fernaad, que Ton m'approche d'elle; Çà du moins qu'on m'en montre ou jambe, ou bras, ou mai n^

D. FERNAND

Ma fille avait raison, mon gendre est un vilain.

JODELET

0 Dieu! qu'en ce pays on est chiche d'épouse! Ailleurs j aurais déjà des baisers plus de douze; Parbleu! je la verrai, dussé-je être indiscret!

0 Dieu! qu'il m'a fait mal !

JODELET

Je vous pousse à regret ; Mais je suis amoureux, équitable beau-père. Je vous vois donc enfin, o beauté (^ue j'espère ! Vous me voyez aussi ; mais pourrai-je savoir Si vous prenez grand goût en l'honneur de me voir?

D. LOUIS

C'est fort bien débuter.

D. FERNAND

0 l'impertinent gendre!

JODELET

Ils rient tous, ma foi! Rient*-ils de m'entendre? Est-ce que j'ai tenu quelque propos de fat? Jodelet, on n'est pas chez nous si délicat ; Si je ne suis assis, j'en lâcherai bien d'autres; Là ! seigneur don Fernand, faites venir des vôtres, Vous êtes mal servi, mais j'y mettrai la main.

D. FERNAND

Mon cendre, encore un coup, n'est ma foi qu'un vilain* Béatrix, vilement que l'on apporte un siège.

JODELET

Dites-moi. ma maîtresse, avez-vous bien du liège? Si V9US n en avez point, vous êtes, sur ma foi. D'une fort belle taille, et digne d'être à moi«

D. LOUISi

Le joli Compliment!

JODELET

Ge jouvenceau qui causé. Dites-moi, moU soleil, vous est-il quelque ehdse? Ou si c'est un plaisant?

ISABELLE

C'est mon ccfusiU germain;

D. FERNAND

Pour la troisième fois, mon gendre est un vilain.

D. JUAN

Ce beau cousin germain tous mes soupçons réveille.

JODELET

N'avez-vous point sur vous queloue bon cure-oreille? Je ne puis dire quoi me chatouille dedans, Hier je rompis le mien en me curant les dents. Quoi ! vous riez encore?

D. LOUIS

A propos, ma cousine, Vous ne contentez point monsieur touchant sa mine. Il vous a dit tantôt qu'il désirait savoir Si vous preniez grand goût en Thonneur de le voir.

ISABELLE

Je n'ai jamais rien vu qui lui soit comparable, Et je ne pense pas qu'il trouve son semblable Et de corps et d'esprit.

JODELBT.

Chacun en dît autant.* Mais les vingt mille écus est-ce en argent comptant? Eclaircissez-nous en, et vidons cette affaire.

D. LODIS.

Quoil seigneur don Juan, vous êtes mercenaire!

JODKLET.

Toux ceux qui le croiront seront de vrais badauds. Et Ton n'en vit jamais dans les Alvarados.

D. LOUIS

Dans les Alvaradosl N'aviez-vous pas un frère?

JODELET

Oui, qu'un lâche assassin occit, mais par derrière.

D. JUAN

Si don Juan savait quel est cet assassin, Il irait lui manger le cœur dedans le sein. S'il faut qu'entre mes mains ce détestable tombe. Le moindre de ses maux est celui de la tombe. Je le déchirerais, le traître, à belles dents. Je rirais affronter entre cent feux ardents; Mais il tue en voleur, et se cache de même.

D. LOUIS

Vraiment, de ce valet l'impudence est extrême, Quelqu'un m'a dit pourtant...

D. JUAN

Et que vous a-t-on dit?

D. LOUIS

Que ce fut par malheur...

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