ACTE II, SCENE VII
De grâce, don Fernaad, que Ton m'approche d'elle; Çà du moins qu'on m'en montre ou jambe, ou bras, ou mai n^
D. FERNAND
Ma fille avait raison, mon gendre est un vilain.
JODELET
0 Dieu! qu'en ce pays on est chiche d'épouse! Ailleurs j aurais déjà des baisers plus de douze; Parbleu! je la verrai, dussé-je être indiscret!
0 Dieu! qu'il m'a fait mal !
JODELET
Je vous pousse à regret ; Mais je suis amoureux, équitable beau-père. Je vous vois donc enfin, o beauté (^ue j'espère ! Vous me voyez aussi ; mais pourrai-je savoir Si vous prenez grand goût en l'honneur de me voir?
D. LOUIS
C'est fort bien débuter.
D. FERNAND
0 l'impertinent gendre!
JODELET
Ils rient tous, ma foi! Rient*-ils de m'entendre? Est-ce que j'ai tenu quelque propos de fat? Jodelet, on n'est pas chez nous si délicat ; Si je ne suis assis, j'en lâcherai bien d'autres; Là ! seigneur don Fernand, faites venir des vôtres, Vous êtes mal servi, mais j'y mettrai la main.
D. FERNAND
Mon cendre, encore un coup, n'est ma foi qu'un vilain* Béatrix, vilement que l'on apporte un siège.
JODELET
Dites-moi. ma maîtresse, avez-vous bien du liège? Si V9US n en avez point, vous êtes, sur ma foi. D'une fort belle taille, et digne d'être à moi«
D. LOUISi
Le joli Compliment!
JODELET
Ge jouvenceau qui causé. Dites-moi, moU soleil, vous est-il quelque ehdse? Ou si c'est un plaisant?
ISABELLE
C'est mon ccfusiU germain;
D. FERNAND
Pour la troisième fois, mon gendre est un vilain.
D. JUAN
Ce beau cousin germain tous mes soupçons réveille.
JODELET
N'avez-vous point sur vous queloue bon cure-oreille? Je ne puis dire quoi me chatouille dedans, Hier je rompis le mien en me curant les dents. Quoi ! vous riez encore?
D. LOUIS
A propos, ma cousine, Vous ne contentez point monsieur touchant sa mine. Il vous a dit tantôt qu'il désirait savoir Si vous preniez grand goût en Thonneur de le voir.
ISABELLE
Je n'ai jamais rien vu qui lui soit comparable, Et je ne pense pas qu'il trouve son semblable Et de corps et d'esprit.
JODELBT.
Chacun en dît autant.* Mais les vingt mille écus est-ce en argent comptant? Eclaircissez-nous en, et vidons cette affaire.
D. LODIS.
Quoil seigneur don Juan, vous êtes mercenaire!
JODKLET.
Toux ceux qui le croiront seront de vrais badauds. Et Ton n'en vit jamais dans les Alvarados.
D. LOUIS
Dans les Alvaradosl N'aviez-vous pas un frère?
JODELET
Oui, qu'un lâche assassin occit, mais par derrière.
D. JUAN
Si don Juan savait quel est cet assassin, Il irait lui manger le cœur dedans le sein. S'il faut qu'entre mes mains ce détestable tombe. Le moindre de ses maux est celui de la tombe. Je le déchirerais, le traître, à belles dents. Je rirais affronter entre cent feux ardents; Mais il tue en voleur, et se cache de même.
D. LOUIS
Vraiment, de ce valet l'impudence est extrême, Quelqu'un m'a dit pourtant...
D. JUAN
Et que vous a-t-on dit?
D. LOUIS
Que ce fut par malheur...