‹ Théatre completChapitre 237 sur 407 · DON LOUIS, ISABELLE · texte numérisé non relu

DON LOUIS, ISABELLE

D. LOUIS

Moi, charmante Isabelle, et quand il vous plaira : Oui de ce don Juan vous serez dégagée, Puisqu*envers don Louis votre humeur est changée, Puisçiue de don Louis autrefois méprisé, Le violent amour se voit favorisé.

Commandez donc, madame, et bientôt cette épée Dans le sang odieux de don Juan trempée, Vous fera confesser avant la fin du jour, Que rien n'était égal à vous que mon amour.

ISABELLE

0 Dieu ! me proposer des crimes de la sorte ! Sors d*ici, malheureux ! sors avant que je sorte . D'une indigne pitié que, presque malgré moi, Même nom, même sang me font avoir pour toi. Et comment m'aimes-tu si tu me crois capable D'écouter seulement un dessein si coupable I Ah ! ne te flatte point dedans ta passion ; Tu ne seras jamais que mon aversion.

Va, va-t'en à Burgos faire des perfidies. Va, va-t'en à Burgos jouer tes tragédies ; Vas-y tromper la sœur et tuer le germain. Et me laisse en repos, exécrable inhumain ! Assez grands sont. les maux de la çauvre Isabelle, Sans tâcher de la rendre encore criminelle.

D. LOUIS

Ah, si jamais...

ISABELLE

Tais-toi, le plus noir des esprits.

Ou bien je remplirai la maison de mes cris.

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