‹ Théatre completChapitre 245 sur 407 · ACTE III, SCENE X · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE X

Comme si je trouvais quelqu'autre fille belle

Après vous avoir vue, ou celle que j'y vis,

Dont pour passer le temps je me feignis ravi,

Ne posséda jamais que des appas vulgaires,

Qu'elle estimait charmants, et qui ne l'étaient guères.

Pour vous le témoigner, mon nom je lui feignis,

Et ce fut par pitié que je me contraignis

A passer quelques nuits devisant avec elle ;

Je n'en ai depuis eu ni demandé nouvelle,

D'en savoir ce n'est pas aujourd'hui mon souci.

LUCRÈCE, ouvrant son voile.

Ah 1 je veux t'en apprendre, infâme, la voici,

Celle qui n'eut jamais que des appas vulgaires.

Celle qui t'aimait tant et que tu n'aimais guères,

Qui te hait maintenant et qui te haïra,

Qui morte ou vive, aimée ou méprisée, ira

Te reprocher partout, amant impitoyable.

Que ne t'ayant rien fait que n'être pas aimable.

Tu la devais laisser pour ce qu'elle valait.

Sans feindre de l'aimer : oui, traître ! il le fallait.

Et ne l'appeler pas et ton âme et ta reine.

Hélas ! j'aurais un frère, et je serais sans peine.

Au lieu que je me vois, par cette trahison.

Sans honneur, sans appui, sans frère et sans maison.

Tu penses m'échapper, homicide I parjure I

Au secours ! à la force !

D. LOUIS

Ah ! madame, je jure Que vous serez contente.

LUCBÈCE.

Ame double et sans foi...

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