DON JUAN , LUCRÈCE , DON LOUIS
D. JUAN
Quel désordre est ceci I
LUCRÈCE
Dieu! qu'est-ce que je vois?
D. JUAN
N'est-ce pas là ma sœur ?
LUCRÈCE
N'est-ce pas là mon frère ?
D. JUAN
Et l'un et l'autre objet me mettent en colère.
A qui donc en veut-il?
D. JUAN
Je suis tout assuré Du crime de ma sœur, je n'ai pas avéré Tout à fait mes soupçons, commençons donc par elle. Malheureuse I
LUCRÈCE
Ah I seigneur.
D. LOUIS
J'entreprends sa querelle.
Encore qu'elle cherche à se venger de moi. Mais quel droit prétends-tu sur elle ?
D. JUAN
Je le dois.
D. LOUIS
Toi, n'es-tu pas valet?
D. JUAN
Don Juan est mon maître.
Son honneur est le mien.
LUCaÈCE.
Il se cèle peut-être Avec quelque dessein.
D. LOUIS
Quoi ! me voir quereller Deux fois par un valet?
D* JUAN, Lucrèce Teut sortir.
Ahî non, pour s'en aller, C'est-ce que je ne veux et ne dois pas permettre. Mais en cette maison qui vous a donc pu mettre? Et pourquoi tant de cris?
LUCRÈCE
Vous allez tout savoir.
J'entrais dans cette chambre, et c'était pour y voir Isabelle ; j'ai vu cet homme, ce me semble, Qui m'a paru surpris ; las, encore j'en tremblé. A quelle intention il s'y voulait cacher, Je ne sais ; le voyant sortir, pour l'empêcher. J'ai crié, mais je crois que sans votre venue.*.
D. JUAN
C'est assez, c'est assez, mon offense est connue, Je veux fermer la porte.
LUCRÈCE
Hélas ! je meurs de peui*.