DON JUAN, DON FERNAND, JODELET
D. JUAN
Qu*avez-vous, don Fernand, qui vous met en colère?
D. FERNAND
Ce gendre mal choisi.
Parlez mieux, mon beau-père.
D. FERNAND
Eloignons-nous de lui. Ce gendre donc maudit
Vous désavoue en tout, et m'a nettement dit
Qu'il n'était point d'avis de venger son offense,
Et qu'il ne fut jamais enclin à la vengeance;
Même il m'a quasi dit qu'il a perdu le cœur.
Faites-lui revenir, sauvez-lui son honneur.
Trop fidèle valet d'un trop timide maître,
Montrez-lui vivement quel homme il devrait être ;
Qu'étant de don Louis doublement outragé.
C'est l'avoir bien servi que l'avoir engagé,
Quoique son ennemi soit homme redoutable ;
Que cette offense aussi n'est guère supportable;
Montrez-vous bon ami, montrez-vous bon valet,
Inspirez-lui du cœur, valeureux Jodelet.
Je sais bien qu'en ceci j'ai quelque part à prendre;
Mais touchant mon devoir on ne peut rien m'apprendre.
Si j'étais offensé comme lui doublement.
On verrait don Fernand agir tout autrement.
Enfin n'oubliez rien, afin qu'il s'évertue,
Son ennemi l'attend au bout de cette rue.
Qui s'imaginera qu'on le redoute fort.
Je m'en vais le trouver.
D. JUAN
Mais de quel autre tort Mon maître don Juan doit-il tirer vengeance?
D. FERNAND
11 VOUS apprendra tout, le voici qui s'avance.
D. JUAN
Or çà, mon Jodelet, dis-moi, sans rien changer. Quels outrages nouveaux avons-nous à venger?