‹ Théatre completChapitre 258 sur 407 · ACTE IV, SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE VII

Ahl j'enrage.

Ah I maintenant, fureur, je m'abandonne à vous. Et don Fernand est-il pour nous, ou contre nous?

JODELET

Don Louis est son san^, mais pour l'honneur du vôtre Il fait ce qu'on ne fit jamais pour pas un autre, IJ veut que don Louis vous en fasse raison, Et don Louis m'atiend près de cette maison, Qui me croit don Juan.

D. JCTAN.

Il faut que je le tue:

Mais on est bien souvent séparé dans la rue. Les combats de pavé sont moins guerre que paix, C'est à quoi je ne puis me résoudre jamais : J'hasarde ma vengeance allant à la campagne ; On n'y fait quasi plus de combat en Espagne, Qu'on ne conte la chose autrement qu'elle n'est. Et ce lieu de combat moins que l'autre me plaît. Si dans quelque maison, quoique contre la mode...

JODELET

Attendez, je vous trouve une place commode.

Je tiens ici la clé d'un bas appartement,

Où nous devons coucher; là très commodément

Vous pourrez vous venger presque aux yeux d'Isabelle,

Sans qu'il en soit rien su que de son père ou d'elle.

D. JUAN

Ah, mon cher Jodelet, que tu l'as bien choisi ! Va vite le trouver.

JODELET

Mais plutôt allez-y.

Il est temps, ou jamais, qu'on sache qui vous êtes. Comment prétendez-vous faire ce que vous faites. Et passer pour valet? Allez, allez, seigneur, Vous découvrir, vous battre et venger votre honneur.

D. JUAN

Quoi ! si par un effet de pure jalousie. Par un simple soupçon ne dans ma fantaisie, J'ai déguisé mon nom, veux-tu pour un affront, De qui le moindre mal est de rougir mon front. Que j'aille me montrer? ah, plutôt je te prie. Si tu n'aimes mieux voir don Juan en furie. Souffre encore mon nom qui ne t'offense en rien : Une offense est bien pire, et je la souffre bien.

JODELET

Vous me TordoDoez donc ?

D. JUAN

Même je t*en conjure.

JODELET

n faut vous obéir : mais si par ayenture, Gomme les hommes sont souvent impatients, II voulait dégainer avant qu'être céans, Que fera Jodelet qui n*aime point la guerre, Et qui se plaît bien fort au séjour de la terre ?

D. JUAN

Fais-lui signe de loin, il ne manquera pas De te venir trouver ; et toi d'un même pas Tu me ramèneras en cette chambre basse.

JODELET

Autre difficulté mon esprit embarrasse.

S'il est court de visière ?

D. JUANJ

Ah ! c'est troc discourir, Ne me répliques plus^ et me le vas quérir.

JODELET

Ce dur commandement terriblement me choque : Mais, seigneur, gardez-vous surtout de l'équivoque, Discernez Jodelet d'avecque don Louis, On a souvent les yeux de colère éblouis; Et si sans y penser avaut don Louis j'entre. Et que sans y penser vous me perciez le ventre. Me disant, Jodelet, ma foi, j'en suis marri. Je serai tout à l'heure et content et guéri.

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