ACTE V, SCBNE I
De ses demoiselles suivantes Les étoiles étincelantes Elle traîne un brillant troupeau.
Que ses servantes sont heureuses, Si d'un valet qui se croit beau Elles ne sont point amoureuses I
Pleurez, pleurez, etc.
Etoiles luisantes et nettes, Si vous en aimiez comme moi.
Toutes célestes que vous êtes, Vous enrageriez, sur ma foi.
Tantôt ce Grenadin, ce More, Comme du feu qui me dévore Je lui contais la cruauté.
M'a dit que je ne valais guères.
Et qu'il était bien fort tenté De me donner les étrivières.
Pleurez, pleurez, etc.
D'écus une assez bonne somme Devant lui je faisais sonner.
Et lui faisais assez voir comme Moi gui prends, je lui veux donner.
Aussitôt son âme rebourse M'a donné de ma même bourse Un si grand coup dessus le cou, Que je m'en sens toute échinée :
Oh I que pour aimer un tel fou Il faut que je sois forcenée I
Pleurez, pleurez, etc.
S'il plaisait à la destinée Qu'il fût l'importun à son tour.
Et Béatrix l'importunée.
Alors à beau jeu beau retour, Encore aurais-je quelque joie; Mais, hélas I jusque dans le foie Il me brûle, le faux larron.
Et s'en rit, l'impitovable homme.
Aussi fort qu'autrefois Néron Riait alors qu'il brûlait Rome.
Pleurez, pleurez, etc.
Et cependant mon mal me presse.
Mais quelqu'un vient par Tescalier, C'est Isabelle, ma maîtresse, Reprenons notre chandelier.
Que si quelqu'un de l'assistance Trouve qu'à moi n'appartient stance.
Qu'il sacne que l'auteur discret Qui sait fort bien que le colloque Est dangereux pour le secret, M'a régalé d'un soliloque.
Pleurez, pleurez, mes yeux, l'honneur vous le commande, S'il vous reste des pleurs, donnez-m'en, j'en demande.