‹ Théatre completChapitre 268 sur 407 · DON ALPHONSE ENRIQUEZ , MARC-ANTOINE · texte numérisé non relu

DON ALPHONSE ENRIQUEZ , MARC-ANTOINE

MARC- ANTOINE

La résolution est tout à fait étrange.

D. ALPHONSE

Si Marc-Antoine m*aime, il faut bien qu'il s'y range.

MARC-ANTOINE

Moi ! je n'approuve point ce bas attachement,

Et n'attends rien de bon de ce déguisement;

Encor si vous vouliez seulement me permettre

D'envoyer à Madrid seulement une lettre,

Votre mère serait moins en peine de vous;

Elle croit que son fils, de sa nièce l'époux,

A trouvé dans Séville, en don Sanche son frère,

Un oncle, un bienfaiteur, et comme un nouveau père ;

Et que riche seigneur de seigneur indigent,

Vous avez de son frère et la nlle et l'argent.

Cependant dans Orgas, un malheureux village,

Emporté des désirs d'un homme de votre âge.

Sans songer qu'à Séville un grand bien vous attend,

Vous suivez en aveugle un bel œil qui vous prend :

La villageoise est belle et jeune, je l'avoue.

Don Alphonse en passant la peut coucher en joue,

Et s'il la peut blesser, bon, c est autant de pris :

Mais être avec fureur de son amour épris.

Et pour elle oublier son devoir, sa naissance.

C'est en guoi je vous dois manquer de complaisance;

Et connaissez-vous bien ce révérend seigneur,

A qui vous vous voulez donner pour serviteur?

D. ALPHONSE

C'est un homme bien riche, à ce que j'entends dire.

MARC-ANTOINE

Et de qui le métier n'est que de faire rire.

D. ALPHONSE

Tant mieux.

MARC-ANTOINE

Mais il est fou, de plus.

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