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ACTE I, SCENE IF

D. ALPHONSE

Encore mieux, J'aurai mon passe-temps d'un fou facétieux.

MARC-ANTOINE

Je m'en vais vous en dire et l'histoire et la vie.

Il se fait appeler don Japhet d'Arménie,

Venu de père en fils du puîné de Noé.

Voilà le maître à qui vous vous êtes loué.

Au temps aue Charles-Quint passa par son village,

On mena aevant lui ce sage personnage ;

Il le trouva plaisant, il lui donna du bien,

Lui fît suivre la cour, et presqu'en moins de rien

Le drôle a si bien fait par son humeur plaisante.

Qu'il possède aujourd'hui cinq mille écus de rente.

César ayant quitté l'Espagne, il a voulu

Paraître en son village, où faisant l'absolu,

(Car il est glorieux ) son bien et sa marotte

Ont si mal réussi chez le compatriote.

Que couru des enfants, des autres maltraité.

Et de fréquents affronts tous les jours irrité,

Comme dans son pays on n'est jamais prophète.

Il en est à la fin délogé sans trompette.

Et s'est depuis huit jours retiré dans Orgas,

Où l'on l'a bien reçu, ne le connaissant pas.

En peu de mots, voilà quel est le personnage.

D. ALPHONSE

Tout ce que tu dis là me donne du courage.

MARC-ANTOINE

Je l'aperçois venir, et le bailli du bourg.

Qui le croit, sot qu'il est, un des grands de la cour.

D. ALPHONSE

Éloignons-nous.

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